lundi 28 octobre 2013

On a été voir un "pestacle"...

C’était marqué su’l journal, pis c’était gratuit. Alors avec Trognon, on a été voir un pestacle.


 Cromagnon aurait dû nous accompagner mais une ou deux heure avant le début du pestacle, il a commencé son show à lui et s’est mis à inventer une série de faux prétextes pour nous fausser compagnie : « ça serait mieux de garder Cracotte à la maison, elle risque de s’impatienter et il fait froid, elle pourrait s’enrhumer. Il y a un coup d’aspirateur à passer, je vais étendre le linge. Ca vous fera un moment mère fils, c’est important… »  Oui, quand il le veut, Cromagnon a de l’imagination.

Cromagnon a fini par avouer que le théâtre pour adultes, c’était déjà pas trop son truc, alors que la mention « à partir de 18 mois » le mettait pas franchement en transe…

Me voilà donc partie avec un Trognon qui n’avait pas tout compris et voulait absolument mettre ses bottes de pluie et pis finalement qui voulait pas trop venir parce qu’il voulait encore du goûter et puis d’abord, il préférait jouer mais qui est venu quand même un peu forcé avec plaisir parce que BORDEL, C’EST GRATUIT ! (sont fiants ces hommes…)

Arrivés un peu en avance devant THE salle de PESTACLE-CINEMA de notre patelin, j’ai commencé à déchanter. Ah oui, j’avais oublié le petit détail qui tue. Quand c’est gratuit, c’est TOUT PLEIN DE MONDE… Soit des hordes de petits nains qui cavalent dans tous les sens et qui me foutent la trouille. Oui, parce qu’autant l’avouer tout de suite, les nains je les aime bien mais surtout quand c’est les miens, ceux de ma famille et de mes amis et surtout PAS PLUS DE 10 A LA FOIS… Et laisse-moi te dire que là, ça grouillait carrément de nains. Il y en avait de toutes les sortes : des petits nerveux, des chougneurs, des trop mignons qui veulent te parler même si tu les connais pas, des casseurs, des timides, des râleurs, des énervés, des ramollos… Bref, c’était la foire des nains.  

Comme mon nain à moi a peur des zot nains, il s’est vite agrippé à ma jambe et j’ai donc avancé cahin caha en traînant mon boulet fils vers la porte d’entrée de la salle de pestacle. Trognon s’est installé sur un des rares sièges disponibles  et n’a plus bougé d’un pouce en regardant fixement devant lui et en priant la Vierge Marie et tous les Saints de le sortir de ce bordel. Il n’a pas cillé et a fermement tenu sa position, même quand une petite furie lui a déboulé dessus en hurlant : « maaaaaais c’est ma plaaaaaaace làààààà » pendant que sa mère lui disait avec douceur « mais ma ptite chérie, il était là avant le petit garçon, il a le droit de s’asseoir »… Il n’a toujours pas cillé quand elle a essayé de le virer à grand coup de coudes puis s’est jeté par terre pour bien mettre la honte à sa mère qui avait l’air de se demander pourquoi elle était venue voir ce p****ain de pestacle.

Pendant ce temps là, j’ai fais un rapide tour d’horizons de la horde de pitis zenfants et de leurs parents. J’ai repéré la petite fille habillée en poupée Barbie qui va aller s’asseoir au 1er rang et répondre à toutes les questions même quand on lui demande pas son avis, le gamin de 14 ans qui se demande ce qu’il fout là (et moi aussi), le bébé de 10 mois dont les parents pensent que c’est un petit géni pour qui la mention « à partir de 18 mois » ne s’applique pas. Pas besoin de chercher longtemps la bande de mômes agités qui courent dans tous les sens et ne vont pas tarder à se mettre sur la gueule pendant que papa et maman font comme si ils ne les connaissaient pas. L’enfant unique meeeeeeerveilleux qui vient voir son 8ème spectacle de l’année. La môme hurlante qui a loupé sa sieste.

Bref, le bonheur et un super moment en perspective !

Quand les portes s’ouvrent enfin, c’est la ruée vers l’or. A voir la façon dont les gamins et les parents se précipitent, je me dis que j’ai dû mal lire le programme et que c’est Russel Crowe qui va nous faire son show.

Avec Trognon, on se retrouve propulsé vers l’avant et en deux secondes, nous voilà dans LA SALLE !
Tout devant se trouvent de petits coussins posés sur le sol pour les enfants. Sans trop y croire, je largue Trognon sur l’un d’eux en lui montrant où moi, je vais aller m’asseoir : sur un fauteuil ! (non mais !)
Je m’installe et je regarde Trognon se faire piétiner par tous les adultes pressés qui n’ont pas vu le petit bonhomme assis par terre. Après avoir perdu deux ongles et trois phalanges, Trognon abandonne et reviens vers moi en demandant à s’installer sur mes genoux.

De longues minutes plus tard, quand tous les parents et enfants sont installés (après avoir changé 45 fois de place), le pestacle peut commencer. A voix basse Trognon me réclame à manger et je lui fais gentiment remarquer qu’on n’est pas venu se goinffrer mais voir un PESTACLE GRATUIT, ALORS BORDEL COMMENCE PAS !

Dans un brouhaha infernal le pestacle commence. La conteuse (tiens c’est pas Russell Crowe) essaie d’attirer l’attention des mômes et c’est partit pour ¾ d’heure de show.

Bon franchement, c’était plutôt bien. Pourtant, j’en ai vu des pestacles pourris ou t’as envie de te ratatiner dans ton siège de peur de croiser quelqu’un que tu connais. Il y avait des comptines un peu niaises, du violon, des marionettes, des chansons,…

Bien-sûr, il y a eu aussi le gamin de 10 mois trop jeune et qui pleure tout le long et j'ai eu envie d'aplatir la petite fille Barbie du 1er rang et le môme non identifié derrière moi qui m'a refilé des coups de pieds dans le siège la moitié du spectacle. Mais, globalement, c'était bien.

J'ai fais les petites comptines et les jeux de doigts toute seule sans réussir à l'entraîner dans la "pestacle fever" et en priant pour ne connaître personne dans la salle. Trognon n'a pas cillé mais je l'ai quand même entendu rire 2 fois.

J'ai bien applaudi la conteuse qui a réussi à capter l'attention d'une centaine de gosses pendant 45 minutes, ce qui est un exploit en soi. J'ai même doublement applaudi pour rattraper les non applaudissements de Trognon et des autres gamins qui étaient déjà en train de jouer avec les sièges de ciné et de ramasser les papiers par terre pour voir si il restait pas quelques bonbons mâchouillés à l'intérieur.

Une fois le grand air regagné (et le stand vente de CDs évités), j'ai pu demander à Trognon son avis sur le "pestacle" :

- Alors Trognon,c'était chouette hein ?! 

- "NAN !"

Douche froide !

- Bah t'as pas aimé ?

- Nan !

- Mais pourquoi ?

- Parce que la dame, elle était moche !

ET BEN HEUREUSEMENT QUE C'ETAIT GRATUIT HEIN !!!


Bref, voilà, on a été voir un Pestacle...

vendredi 25 octobre 2013

Suis-je une #BAD MOTHER ?

Il n’y a pas si longtemps que ça, j’étais une petite fille. Plutôt sage. Puis une ado. Rebelle. Puis une étudiante. Fêtarde. Puis une jeune adulte. Toujours fêtarde.

Et il y a 3 ans de cela, Trognon s’est mis à pousser dans mon ventre. (oui oui, c’est nous qui avons mis la ptite graine et tout l’engrais nécessaire).

Et je crois bien que j’ai changé. Il y a un tas de choses que je ne fais plus.

Je ne passe plus des heures à écrire des messages à ma meilleure amie d’enfance pour les cacher dans une mallette suspendue entre nos deux fenêtres. Je ne parle plus aux abeilles. Je ne m’appelle plus Tigre Rayé Noir et Blanc et je ne me dessine plus des peintures de guerre indiennes avec les gros crayons de couleur de ma petite sœur.

Je ne réponds plus aux profs (et d’ailleurs, je n’ai plus de profs) et je ne passe plus mes journées à défier mes parents, le lycée, l’autorité. Je ne sèche plus les cours et je ne traîne plus en ville.

Je ne tiens plus aussi bien l’alcool, je n’aime plus les boîtes de nuit. Je ne dors plus jusqu’à cinq heures de l’après-midi, je ne passe plus des après-midi entières dans des bars. Je ne rigole plus avec mes copines en regardant des rugbymens tout nus et d’ailleurs, je ne joue plus au rugby.

Je ne suis pas partie seule en weekend avec Tromagnon depuis plus de trois ans. Je ne me pose plus devant la télé avec une bière et quelques cacahuètes en rentrant du boulot, je suis excitée à l’idée de passer un weekend avec des copines mais je rechigne à laisser mes enfants de côté. Je ne pars plus sans une organisation en béton en weekend, en voyage ou même au cinéma et je n’ai plus jamais d’argent de côté à la fin du mois.

C’est donc vrai, j’ai bien changé.

Pourtant, tous ces « MOI » d’avant, ont-ils vraiment disparus ?

Je suis mère, mais je crois que je suis encore la petite Pacotille quand je tremble avec Trognon devant la grille de la cour d’école qui nous fait peur à tous les deux. J’ai encore 3 ans quand je suis toute excitée à l’idée d’essayer dans son bain les nouveaux crayons qui écrivent sur les parois de la baignoire et que son tonton nous a envoyé. J’ai encore 3 ans quand j’ajoute à nos cookies une poignée de smarties ou que je rigole en regardant avec lui un dessin animé. J'ai encore 8 ans quand j’enfonce des Miel Pops dans ses narines en lui disant qu'il a des énormes crottes de nez.  J’ai encore 10 ans quand je retrouve ma meilleure amie d’enfance et qu’on discute toutes les deux en dégustant les gâteaux de boue que nous préparent nos enfants.

Je suis mère mais je crois que je suis encore la Pacotille Rebelle quand je murmure à Trognon « patate pourrie », quand je me retiens de sécher le boulot ou que je porte des bracelets avec des têtes de mort multicolores. J’ai encore 15 ans quand je regarde des séries télé qui n’en finissent jamais, quand je m’énerve contre le système et que je me dis qu’il y en a quand même beaucoup (des cons). 

Je suis mère, mais je crois que je suis encore la Pacotille fêtarde quand je lève le coude en soirée et que j’oublie de le redescendre. Quand je colle Trognon devant la télé pour faire la grasse matinée. Quand je regarde avec envie des équipes de rugby féminin courir après ce foutu ballon ovale, quand je chante à Cracotte pour l’endormir des chansons paillardes parce que j’ai un trou de mémoire avec la Claire Fontaine ou qu'un chapelet de "p***ain", "m***e" et autres jolis mots m'échappent devant le Trognon médusé.

Je suis mère, mais je crois que je suis encore la jeune femme Pacotille quand je rentre du boulot me sert une bière et trois cacahuètes en poussant devant Trognon un petit plateau avec un jus d’orange et un petit bol de Monster Munch. J’ai encore 24 ans quand je nous prépare une pizza à manger calés dans le canapé. J’ai encore 24 ans quand je fais semblant de ne pas entendre que Trognon est réveillé de sa sieste et que mes deux heure de liberté sont écoulées.

Alors voilà. Je suis une mère et un peu de tout ça aussi. Est-ce que cela fait de moi une mauvaise mère ? Une vraie BAD MOTHER ?


Sûrement un peu. Mais je crois que j’essaie surtout d’être une MOTHER QUI SE MARRE.

Et ça, ça n’a pas d’âge !

Une participation au cathartique #BADMOTHER de Foxy Mama et Petits Diables !

mercredi 23 octobre 2013

Un peu d'air ?!

Un enfant parfois c’est étouffant. Si. Même toi le lecteur qui n’en a peut-être pas, tu as déjà dû le ressentir. Quand tu étais à table et qu’à cause des mômes de tes potes, t’as pas pu échanger plus de trois mots. Ou la dernière fois que tu as pris le train et que tu t’es retrouvé assis dans le carré de 4 au beau milieu d’une famille nombreuse.

Quand t’en as deux. C’est deux fois plus étouffant. Quand je vois des mères se promener avec 4 nains, je leur tire mon chapeau. Et je me dis qu’elles doivent être des championnes de l’apnée.
Parfois, j’ai besoin de respirer. Simplement, de prendre deux respirations d’affilée entre lesquelles je ne suis pas obligée de répondre à un énième pourquoi, d’essuyer un nez qui coule, de remettre une tétine. Comme j’allaite encore la Cracotte et que le Cromagnon bosse (trop), je ne peux pas me carapater. Ou si peu. Alors je me contente de mon espace familial et j’essaie de profiter de la topographie de la Babyole Villa en larguant Trognon et Cracotte « loin » de moi (dans une autre pièce quoi !).

Pour Cracotte, c’est facile… J’ai l’avantage sur elle, elle ne sait pas marcher, ni même ramper. Son seul moyen de défense, c’est de crier. Mais pour ça, je peux encore fermer la porte.

Pour Trognon, c’est plus compliqué… Il me suit… A ce propos, je trouve que pour une fois, on pourrait reconsidérer l’histoire du Petit Poucet et éprouver un peu de sympathie pour le bûcheron et sa femme.

Quand j’essaie de m’échapper, je commence par l’occuper dans sa chambre. On sort une armée de playmobiles, quelques voitures, des pompiers ou un tracteur et on se lance dans l’Odyssée de l’espace. Puis quand il est bien occupé, discrètement, je tente de m’éclipser. Souvent, ça marche. Des fois non. Dans ce cas là, j’ai à peine le temps de franchir la porte de sa chambre que j’entends derrière moi : « Tu vas où maman ? ».

J’essaie de sortir un truc bien rébarbatif du genre : « je vais faire la cuisine, éplucher des pommes de terre, couper des courgettes, passer l’aspirateur, laver par terre, etc. »…

Arrive alors la réplique qui tue qui me tue quand il me lance plein d’enthousiasme : « MOI AUSSI ALORS ! »


Gnnngnngngngn… SOS SOS SOS SOS ! LAISSEZ MOI RESPIRER !!!

lundi 21 octobre 2013

Planète de fous

Le Petit Prince vivait sur l'Astéroïde B612. Une planète étrange. Mais moi, je vis carrément sur La Planète des Fous.

Vous ne la connaissez pas ? Si, si, regardez bien. Vous avez les pieds dessus.

Sur ma Planète des Fous, on sait construire des téléphones intelligents, des films en 3 dimensions, des joysticks supersonics. Mais on ne sait toujours pas, guérir les cancer des enfants.

Sur ma Planète des Fous, on se bat pour avoir des droits, et quand on les a obtenus, on les méprise.

Sur ma Planète des Fous, on vit pour travailler et on oublie de travailler pour vivre.  On maquille le stress avec des strass et des paillettes et on court en arrière.

Sur ma Planète des Fous, on essaie de gagner du temps et quand on l'a gagné, on s'empresse de le gaspiller.
Sur ma Planète des Fous, on pense toujours qu'on a presque tout ce qu'il nous faut. Qu'il nous manque juste "un peu plus" pour être parfaitement heureux. Un peu plus d'argent, un peu plus de temps, un peu plus de tout. On court aveuglément d'un "un peu plus" à l'autre jusqu'à se faire rattraper par "beaucoup plus". Beaucoup plus de douleurs, beaucoup plus de maladies, beaucoup plus de pollutions, beaucoup plus de violences.

Sur ma Planète des Fous, on veut du bio, on réclame du naturel, on empile les labels. Et quand on a la nature sous les yeux, un pissenlit sur le trottoir, un rayon de soleil dans les branches, une rafale de vent dans les cheveux, on oublie de regarder, on oublie de respirer.

Sur ma Planète des Fous on veut être libres et on s'enferme, on veut être soi et on se déçoit, on veut aimer sans souffrir et l'on souffre sans aimer.

La plupart du temps je fais partie de ces fous là. Je marche, je cours, je me plie et je rampe. Je suis un fou parmi les fous. Je piétine, je consomme, je calcule, je médis, je juge, je m'interdis, je m'oblige. Je m'accroche à mon rôle de composition,  je récite mon texte et j'y met toutes les intonations, je suis à la lettre le scénario, je joue la prudence, je joue la patience. Et je cours, je cours, je cours. Folle parmi les fous. Sans savoir où l'on va.

Mais parfois, quelques secondes, quelques minutes, quelques heures, je m'arrête.

Le sourire de mon fils. La lumière des yeux de ma fille. Je m'arrête. Je les regarde. Et plus rien ne compte. Je m'éloigne en un battement de cils de la planète des Fous. Je la regarde de loin, jolie petite terre névrosée. Et je me demande.

Où est l'essentiel ? Où est mon Essentiel ?





vendredi 18 octobre 2013

#(Very) Bad Mother : l'heure de la vengance

Depuis que je fais partie de la brigade des MAF (Mères au Foyer),il y a des jours où Cracotte et surtout Trognon me rendent dingues.

Du genre à avoir envie des les balancer par la fenêtre... (Pas la peine d'appeler la DDAS, c'est au rez-de-chaussée).

Ceux d'entre vous qui ont des enfants, je suis sûre que vous avez déjà ressenti ça : cette impression que le nain vous persécute intentionnellement, qu'il a vraiment l'intention d'avoir votre peau et qu'il mettra tout en œuvre pour y parvenir. Je vous jure,  je suis sûre que même Gandhi  aurait eu envie de prendre des cours de Krav-maga au bout d'une journée avec mon Trognon en mode "SUPER PENIBLE".

En général, ça commence par un réveil grognon. Du genre : "je veux prendre mon biberon de lait, je veux regarder la télé, j'ai froid, on va faire quoi là, on va pas à l'école, j'aime pas l'école".

Ca se poursuit avec la brioche pas tartinée comme il faut, la couverture qui ne couvre pas ses pieds, les chaussettes mal mises et une bonne séance de "j'ai mal aux jaaaaaaaambes, je peux pas marcher" en allant à l'école.

Au retour, le midi, le trajet dure 3 plombes parce qu'il veut ramasser 90 000 bâtons,  marcher sur tous les rebords de trottoir en faisant le train, pousser la poussette tout seul et manger des pâtes et des Flamby.

Quand on rentre, il pleurniche trois quart d'heure dans l'entrée parce que subitement, il n'arrive plus à enlever ses chaussures tout seul. A table, c'est le drame quand il découvre une assiette de petits pois et un yaourt nature.

9 fois sur 10, ça finit au lit sans manger avec des hurlements stridents parsemés de "je veux pas faire la sieeeeeeste.... Je suis pas fatiguééééééé !".

Après 3 ou 4 allers retours dans sa chambre, le Trognon s'endort et vous vous dites que ça ira mieux au réveil.

Que nenni. Le Trognon des Grands Jours ne vous laissera pas de répit ! Au réveil, ça part tout de suite de travers quand il déclare : "je veux regarder un dessin animé, Némo, le Petit Renne, Peter Pan et Sam le Pompier"...

J'ai beau proposé toutes les activités possibles : "tu veux aller au parc ?" "NON" "tu veux faire de la peinture ?" "NON" "tu veux faire de la pâte à modeler ?" "NON" "Tu veux jouer au train ?" "NON" ?

"MAIS TU VEUX FAIRE QUOI ?"

"Nan, c'est toi qui trouve une idée..."

Les heures s'égrènent ainsi lentement jusqu'au retour de Cromagnon.

Le repas du soir est aussi folklorique que celui du midi et au moment du coucher, alors qu'on croit que ça y est, on en est enfin débarrassé, il met plus de 2 heures à s'endormir et réclame un passage aux toilettes, un verre d'eau, un dernier calin, une tétine perdue...

BREF... Il y a des fois où Trognon est vraiment un BAD BOY...

C'était le cas la semaine dernière.

Après une journée infernale, Trognon s'était pourtant calmé et s'était tenu tranquille pendant le dîner. En dessert, il y avait un reste de gâteau au yaourt. Un gâteau vraiment réussi.. Une part pour chacun. Pour une fois, j'ai fini la mienne avant Trognon.

Alors subitement, j'ai eu envie de me venger.



Je me suis emparée du reste de son morceau de gâteau. Je l'ai regardé droit dans les yeux avec un petit sourire et j'ai engouffré sa part.

Bien-sûr il a hurlé. Mais j'ai pas flanché. Au contraire, j'ai déclaré très calmement : "Ah !! Là, tu vois ce que ça fait hein !"


OK, je sais, j'ai été une VERY BAD MOTHER.

C'était puéril, stupide, cruel, pas du tout pédagogique,... MAIS QU'EST-CE QUE CA FAIT DU BIEN !!!!


(Pour ceux que ça inquiète, le Cromagnon a volé au secours de son fiston et lui a refilé son morceau...)


Une participation au cathartique #BADMOTHER de Foxy Mama et Petits Diables !

mercredi 16 octobre 2013

Enfermé...

C'est le genre de trucs qui doit t'arriver au moins une fois dans ta vie. Sinon, t'es pas un vrai "parent". C'est comme le jet de pipi des bébés garçons sur ton teeshirt, le filet de vomi dans le cou (communément appelé régurgitations pour faire plus poli), les traces de crotte sur le dos de ta main quand tu changes la couche,  la tête de bébé qui cogne sur la portière quand tu l'installes dans son siège auto, la crotte qui flotte dans l'eau du bain, etc.

C'est un "must have" de l'enfance.

Aujourd'hui, ça y est, je suis heureuse, il l'a fait... ! A 3 ans et 2 mois, Trognon a validé une nouvelle étape de l'emmerdement maximum de la petite enfance.

Tout à commencé à midi. Un midi de jour d'école où comme tous les midis de jour d'école, Trognon était tendu comme un string !

Comme il ne voulait pas manger ce que je lui avais délicatement préparé réchauffé au micro-ondes et qu'au passage, il a renversé la moitié de son assiette par terre, Trognon a fini au coin. Le coin chez nous, c'est dans le couloir, devant la porte d'entrée. Pour éviter de perdre l'ouïe et ne plus entendre ses cris de cochon égorgé, j'ai fermé la porte de la cuisine. J'ai débarrassé la table, passé l'aspirateur pour nettoyer les dégâts et sur ma lancée, j'ai rouvert la porte de la cuisine pour passer un coup dans l'entrée également. Je me suis aperçue que Trognon n'était plus là. Je me suis dis qu'il avait dû monter dans sa chambre ou se vautrer dans le canapé et j'ai pensé : il ne perd rien pour attendre. J'ai fini mon brin de ménage et rangé l'aspirateur. Puis je l'ai appelé. Pas de réponse. Je suis passée dans le salon. Il y était pas. J'ai appelé encore une fois. Pas de réponse. J'ai commencé à flipper. Sa sœur s'est mise à pleurer et je suis revenue dans la cuisine pour la prendre dans les bras. Au passage, un détail a attiré mon attention. La lumière allumée dans les WC. Mon regard s'est arrêté sur l'encadrement illuminé et puis mon cœur a loupé un battement.

Le verrou.

Enclenché.

Bêtement j'ai essayé de tourner la poignée et je l'ai appelé : " Trognon, t'es là" ? J'ai entendu un petit "oui".

"Bah ouvre alors !" je lui ai répondu, en pensant "PNMLD, on y est, il s'est enfermé".

"J'arrive pas" il a répondu en essayant de tourner la poignée.

"Nan, le petit verrou ! Là, sous la poignée, est-ce que tu le vois ? Juste dessous ? Essaie de  le tourner !".

Je me suis sentie comme dans Fort Boyard, en train de trépigner devant une porte fermée pour délivrer un nain, sauf qu'à la fin, il y a pas de boyard à gagner, juste du fric à perdre si on doit défoncer la porte pour le faire sortir...

Ma clepsydre à moi, c'était le temps qu'il allait mettre avant de paniquer...

"J'y arrive pas maman".

OK. On reste calme, on respire un grand coup. C'est déjà arrivé à pleins de parents et j'ai jamais entendu parler de nain noyé dans la cuvette des WC, je vais trouver une solution.

"Bon Trognon, essaie encore, moi je vais chercher une idée  pour te faire sortir"...

Comme l'inspiration divine ne venait pas, j'ai sorti mon joker : "appelle un ami"... J'ai tenté de joindre le Cromagnon. Qui n'a pas répondu. Je me doutais qu'il devait être en réunion. J'ai recomposé aussitôt le numéro une deuxième fois. C'est un code entre nous. Ca veut dire "décroche bordel ça urge !". Il a décroché. J'ai entendu un brouhaha de réunion et lui qui chuchotait : "j'peux pas te parler là je suis en réunion". J'ai répondu : "ouais, mais j'ai un GROS problème !" avec un ton dramatique pour qu'il prenne conscience de l'urgence de la situation...

"Qu'est-ce qui se passe ?"

"Trognon s'est enfermé dans les cabinets."

"Ah, effectivement..."

"Je sais que tu peux pas faire grand chose depuis ton boulot... Mais t'aurais pas une idée de ce que je pourrais faire... Je sais absolument pas quoi faire... HELP! SAUVE MOI! A L'AIDE AU SECOURS !

"Il est en haut ou en bas ?"

"En bas"

"C'est une clé ou un verrou ?"

"Euh un verrou"...

"OK, t'as de la chance, tu dois pouvoir faire tourner le verrou avec un tournevis ou la pointe d'un couteau depuis l'extérieur"...

"Pinaise.... Pourquoi j'y ai pas pensé ! OK merci... Je te rappelle si j'y arrive. Si j'y arrive pas aussi d'ailleurs..."

J'entend Trognon derrière la porte : "Maman, papa va venir du boulot me faire sortir ?"...

"Non mon cœur, je vais y arriver toute seule OK".

"Ah..." J'entend le scepticisme affiché de ce foutu nai
n enfermé et un peu vexée je vais farfouiller dans le garage pour trouver un tournevis, Cracotte sous le bras.

Le premier que je ramène est trop gros et le doute m'envahit : vais-je réussir à sauver le soldat Ryan ?

Le deuxième est pile la bonne taille et hop, un petit tour, sésame ouvre-toi et voilà le Trognon libéré !

Merci St Cromagnon !

Bilan de l'histoire :

- Trognon n'a pas paniqué et s'est fait disputer deux fois : une fois pour s'être enfermé et une deuxième fois pour avoir déroulé tout le papier wc pendant que j'essayais de le sauver...

- Il vaut mieux installer des verrous sur les portes que des clés.


- Je n'aurais pas dû passer l'aspirateur. Ca m'aurait permis d'entendre que le Trognon ne pleurait plus et que c'était louche. Je le savais, le ménage c'est pas bon pour la santé!

dimanche 13 octobre 2013

Ce petit pull là



Ce petit pull là, pendu sur mon séchoir n'a vraiment l'air de rien. Juste un petit pull de bébé un peu passé de mode, un vêtement de seconde main. Avec ses rayures pastel et ses boutons sur l'épaule, son côté rétro tricot donne à ma Cracotte des allures de bébé vintage.

Pourtant ce petit pull là, il veut dire beaucoup pour moi.  
           
C'est ma maman qui me l'a donné. C'est ma grand-mère qui l'a tricoté.

Par pour Cracotte. Pour moi. Quand j'avais 3 mois.

Ce petit pull, c'est un peu de ma grand-mère qui entoure ma Cracotte.

Ce petit pull là, il raconte à ma Cracotte tout ce qu'elle ne connaîtra  jamais de son arrière grand-mère. L'amour sans condition, les petites attentions, les pommes de terre sautées et les colliers de bonbons.

Quand je regarde Cracotte qui gigote dans son pull, je l'imagine ma mamie, avec ma Cracotte dans ses bras. Est-ce qu'elle lui aurait parlé avec ce langage bébé qu'affectionnent les personnes âgées ? Est-ce qu'elle lui aurait chatouillé le menton ? Est-ce qu'elles auraient su partager toutes les deux une complicité, une tendresse réciproque ? Est-ce qu'elle aurait été fière de la maman que je suis devenue ? Est-ce qu'elle aurait été agacée par mes idées arrêtées ? Est-ce que j'aurais été agacée par ses idées dépassées ?

Quand je regarde Cracotte qui gigote dans son pull, je pense à l'écharpe rouge que j'avais commencé à tricoter et que j'ai abandonné. Je pense à tous les nœuds dans ma pelote qu'elle a patiemment démêlé, aux mailles à l'endroit, aux mailles à l'envers. Je pense à ses mains fatiguées, à ses os douloureux... Est-ce qu'aujourd'hui elle aurait pu tricoter un pull pour mon bébé ? Est-ce qu'elle est partie trop tôt ? Est-ce qu'elle est partie à temps ?

Quand je regarde Cracotte qui gigote dans son pull, je pense aux oeufs Kinder cachés dans le buffet. Je pense à la boîte en ferraille toujours pleine de bonbons, aux verres de jus d'oranges pressées et aux plateaux télé, aux parties de labyrinthe, au bulgomme plié, au couvre-lit usé, au parquet ciré...

J'aurais aimé qu'elle puisse prendre mes enfants sur ses genoux et me dire à quel point elle les trouve beaux. J'aurais aimé trouver sur son frigo le dernier dessin de Trognon ou la carte postale de nos vacances. J'aurais aimé pouvoir lui envoyer les bouilles de ses arrières petits-enfants imprimés sur du papier photo. J'aurais aimé entendre sa voisine du dessous râler parce que mes enfants sautent partout dans son petit appartement.

Quand je regarde Cracotte qui gigote dans son pull, je sens presque sous mes doigts, le petit creux de son cou, qu'elle appelait, son Bénitier. Et dans la lumière, comme un bruissement, de cheveux blancs.

vendredi 11 octobre 2013

#Bad Mother : le Grand Imagier des Véhicules

J’aime beaucoup lire des histoires à Trognon. Vraiment. Il adore et c’est un joli moment plein de tendresse. Il se blottit dans mes bras, on tire la couette sur nous et on s’adosse à son gros ours en peluche. Une fois l’histoire terminée, on éteint la lumière et je reste un peu avec lui sous la couette pour deux calins : « un petit calin » et « un gros calin ». On discute un peu de la journée, on se dit qu’on s’aime fort jusqu’à plein de lunes et je le laisse s’endormir seul.

Mais il y a des fois ou j’ai pas DU TOUT envie de lire l’histoire et le Cromagnon non plus. Il y a des fois où je suis fatiguée et j’ai hâte de fermer sa porte et d’aller m’asseoir m’échouer sur le canapé devant une « bouse » de la télé.

Dans ce cas là, j’essaie d’imposer mon choix en matière de littérature enfantine. Un tout petit bouquin cartonné avec Joe le tracteur ou un bon vieux ours brun un peu débile et seulement 6 pages et c’est envoyé. SAUF QUE…

Le Trognon n’est pas dupe. Et il se rebiffe…

-          « nan maman, c’est moi qui choisis l’histoire »…
-          « non, c’est maman ce soir, c’est comme ça, des fois, c’est moi qui choisis…
-          Mais mamaaaaaaan, j’aime pas ceeeeeeelle là… [chougnements convaincant pour renforcer son argumentation…]
-          D’accord d’accord… C’est bon, t’as gagné, c’est toi qui choisis (adieu livre cartonné…)

Invariablement, le Trognon me sort dans ces cas là un de ses mégas livres préférés. Un documentaire bien-sûr où il va pouvoir poser mille questions par page.

Quand j’ai de la chance, c’est le livre du corps humain, le livre sur les requins, le livre sur la mer, le livre sur les poneys…

Assez souvent, c’est le livre sur les chevaliers, très très long. Ou un livre sur les trains que je pourrais raconter les yeux fermés.

Mais quand j’ai VRAIMENT pas de chance (ou quand j’ai oublié de le planquer), c’est … CELUI LA…


Le Grand Imagier des Véhicules…

ARGGGGGGGH !

Je le déteste.

OK, désolée maman si tu lis ça. Je sais que c’est toi qui le lui as offert. Mais franchement, JE LE DETESTE !

C’est un beau cadeau hein. Trognon l’aime bien. MAIS PAS MOI !

Qui a envie de se farcir tous les soirs 40 pages  de camion benne, de canadair, de motoneige, de bicyclette, d’ULM, de train, de voitures, de camionnette, de grue, de moto, de métro, ETC. Je continue ?

Pas moi en tout cas.

Chacune des pages entraîne une avalanche de questions du Trognon : « Pourquoi ça existe plus les bateaux comme ça ? Pourquoi elle creuse un trou la grue ? Pourquoi  c’est une girafe qui conduit le camion ? » OUI POURQUOI D’AILLEURS ?

J’avais survécu aux Transports à Toucher. Mais là, franchement… Non je ne peux pas.  Je ne peux plus.

Alors chaque fois que Trognon me le sort, je triche. Le livre perd subitement quelques pages. Quand Trognon ne regarde pas, hop ni vu ni connu, je saute une dizaine de pages, et ho regarde mince le livre est déjà terminé.

Oui, je sais, je suis une BAD MOTHER…


Et quand je suis trop fatiguée, je fais pire. Je dis à Trognon que je ne sais pas lire ce livre là mais que son papa l’adore. Je le pose sur sa table de nuit bien en évidence et je lui dis : « regarde, je le mets là comme ça tu n’auras qu’à demander à papa de te le lire demain soir d’accord… ».

Oui je sais, je suis EN PLUS, une BAD WIFE…

Mais le Grand Imagier des Véhicules quand même !!!!

Une participation au cathartique #BADMOTHER de Foxy Mama et Petits Diables !

mercredi 9 octobre 2013

Njut !

Pour mettre un peu de piment à notre existence, Cromagnon et moi avons décidé le weekend dernier de faire une virée au royaume de la consommation : IKEA…

IKEA + 2 jeunes enfants + 1 poussette  + 1 samedi après-midi = ?

La parfaite équation pour un aller simple vers l’Enfer…

L’excursion a commencé par un Trognon grognon qui préférait jouer sagement dans sa chambre plutôt que de venir à Ikea. (non mais allô quoi !)…

-          Allez viens Trognon,  on y va
-          Nan, j’ai pas envie.
-          Mais attend, tu sais où on va là ?! A Ikea !!! Tu vas voir, c’est génial comme magasin ! Tu vas adorer…

(Je sais, je suis une mère indigne ET une menteuse)

Quelques boîtes de smarties négociations plus tard et après une heure de route… (ah oui parce qu’on est tellement frappa dingues qu’en plus, on est prêts à faire deux heures de trajet aller retour avec nos deux voitures JUSTE pour le plaisir de récupérer quelques crayons en papier gratos) nous voilà arrivés.

Parking plein, tadddaaaa ! Les festivités commencent…  IKEA nous voilà !




On entre en ascenseur (au grand dam de Trognon qui aurait préféré le « scalator »). En passant devant la garderie, j’ai une petite hésitation et l’envie me prend d’abandonner Trognon mais le Cromagnon n’est pas convaincu. Il pense qu’avec le Trognon dans les pattes, je serais plus rapide et qu’on sera peut-être rentrés avant la nuit.

Pour faire avancer le moustique, on lui promet qu’à la fin de la visite du magasin et s’il est sage, on lui offrira des rails pour son train. C’était une erreur : Trognon passe l’heure suivante à se lamenter sur ses rails… : « allez maman, je veux voir les rails môôôôôôa… »

Après avoir navigué dans le monde parfait d’Ikéa et s’être vautré dans quelques canapés, nous voilà arrivés devant l’objet de notre expédition : des chaises.

Cela fait des années que nous avons les 4 mêmes chaises, achetées à Emmaüs, lors de notre premier emménagement ensemble. L’une d’elle est décédée récemment alors qu’une copine se trouvait dessus : RIP la chaise (la copine va bien).  Les trois survivantes montraient de sérieux signes de fatigue. On s’est dit qu’il fallait agir après avoir été contraints de faire asseoir vendredi soir, une autre copine, enceinte, sur la chaise haute de Trognon en lui certifiant que c’était la plus sûre…

Nous voilà donc devant nos chaises. S’engage alors une interminable conversation semblable à tous les interminables conversations autour de nous …

-          Qu’est-ce t’en penses en gris ou en blanc ?
-          Je ne sais pas, mais en noir, j’aime pas (répond le Cromagnon).
-          Oui, mais tu préfères laquelle entre ces deux là LA ?
-          Je dirais plutôt celle là moi.
-          Ouais mais je sais pas… Tu crois que ça sera assorti à la table ? Mais en même temps j’ai peur qu’en blanc ça soit trop salissant… Quoique je sais pas, c’est pas le même gris quand même, peut-être qu’il vaut mieux trancher carrément en changeant de couleur…  Ou alors on prend carrément les noirs comme ça… Mouais non, ca va faire trop sombre… Bon peut-être les grises alors, ouais, les grises c’est pas mal…. Qu’est ce t en penses ?
-          Bah oui,  c’est bien (répond le Cromagnon un peu paumé dans la conversation…)…

La référence des chaises grises notée sur le petit papier fourni, il ne nous reste plus qu’à traverser tout le magasin et  à acheter des assiettes, des bols, des saladiers, des lampes, des piles, etc. Bref tout ce qui n’était pas prévu au budget.

Arrive enfin la zone Ikea familly spécialement conçue pour détrousser  encore un peu plus les familles. Là, apercevant une super tente de chevalier, je la montre à Trognon qui quémande ses rails.  Je le laisse donc choisir entre la super tente de chevalier et un pont ferroviaire pour son circuit de train.  Trognon choisit le pont : ce môme est  bizarre.


Dernière étape avant de griller la carte bleue, le picking des cartons de meubles en kit… Le moment préféré de Cromagnon… Comme un poisson dans l’eau, il prend le méga charriot et pilote dans les allées avec ses références sur son bout de papier. Allée 20. 6 chaises, 6 cartons… On y est. OUF. Passage en caisse, évitement du stand « bonbons suédois » (que j’aurais bien aimé visiter mais Cromagnon a fait la sourde oreille), chargement des voitures et retour à la case Maison !

Une fois arrivés, on peut enfin s’exclamer comme Dora : Yes we di dit ! Ne reste plus qu’à installer le pont et à monter 6 chaises en kit…


Finalement, lors de cette visite Ikéa, toute la babyole family s’est bien tenue :

-          Cromagnon a été très patient
-          Trognon ne s’est pas roulé par terre et pourtant on n’ a pas pris le « scalator »
-          Cracotte n’a pas pleuré
-          Je n’ai pas piqué tous les crayons en papier juste parce qu’ils sont gratuits (c’est indéniable, je grandis !

Alors comme César, je déclare : IKEA, VENI, VIDI, PAYI, VICI… !

lundi 7 octobre 2013

Pourquoi ? Pourquoi ? POURQUOI ?

Je sais, c’est une étape obligatoire. C’est la preuve qu’il grandit bien, s’intéresse au monde extérieur, toussa toussa ! Au début, je trouvais même ça mignon… 

Mais quand même… Il  y a des jours où ça me rend dingue… Journée type :

Au réveil :
- Pourquoi t'es vieille ? (merci...!)
- Pourquoi les produits chimiques ça sent pas bon ?
- Pourquoi c'est le matin ?

En allant à l’école :
- Pourquoi il faut protéger la nature ?
- Pourquoi Petite Sœur elle peut pas marcher ?
- Pourquoi le monsieur il nettoie par terre ?


A la sortie de l’école :
- Pourquoi les gouttes d’eau elles glissent sur les plumes des oiseaux ?
- Pourquoi on a une langue ?
- Pourquoi la dame elle a ça sur sa tête ? (le voile)

A table :
- Pourquoi le sucre c’est pas bon pour le corps humain ?
- Pourquoi il faut manger des légumes ?
- Pourquoi il faut faire partir les « mitrobes » ?

Au réveil de la sieste :
- Pourquoi j’existe ?
- Pourquoi la télé ça rend bête ?
- Pourquoi j’ai un « rhumé » ?

Au moment d’aller se coucher :
- Pourquoi les dinosaures ont disparus ?
- Pourquoi il faut aller à l’école ?
- Pourquoi les ennemis ils attaquent le château ?

Voilà juste un petit exemple du type de questions du moment qui peuvent revenir de NOMBREUSES FOIS dans une même journée. Sachant que chacune de ces questions en entraîne une dizaine d’autres à mesure que l’on essaie d’apporter des réponses.

On avait connu les « c’est quoi ça ? » pendant une longue période. Mais les réponses étaient plus simples, plus rapides… Là…. JE CRAQUE !!!!!


Que le parent qui n’a jamais répondu avec un ton légèrement excédé : « PARCE QUE C’EST COMME CA, C’EST TOUT !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! » me jette la première pierre… !

vendredi 4 octobre 2013

#Bad Mother ou comment manger des bonbecs en cachette

J’adore les bonbons… Y en a qui boivent du café ou des Mon Chéri, ben moi, je préfère les bonbons.  Pas les bonbons supers sophistiqués, nan, juste les vrais bonbons de gosse. Je saute sur toutes les nouveautés et au moment des courses, je peux hésiter pendant trois heures entre un paquet d’œufs au plat ou des frites piquantes. Quand je suis à l’étranger, je fais toujours un tour dans les supermarchés pour voir à quoi ressemblent les bonbons d’ailleurs. Tiens si un jour je fais un tour du monde, je pense que je ferais un tour du monde des bonbons…

Bref, je suis tout à fait d’accord avec Brel : les bonbons c’est tellement bon !

Le problème, c’est qu’en général, les nains aussi aiment bien les bonbons. Le mien n’échappe pas à la règle. Je suis donc obligée de planquer mes bonbons… SI…

C’est pas que je veux pas partager mais bon… C’est pour son bien, sa santé, tout ça quoi !
Et me voilà donc à cacher mes paquets de bonbecs dans mes placards et à essayer de les manger discrétos pendant la journée… Le pire, c’est que c’est exactement ce que ma mère faisait et ca me faisait hurler. J’ai passé des heures à fouiller ses placards pour trouver ses bonbons planqués et descendre ses paquets discrètement pour ne pas me faire repérer… Ah génétique quand tu nous tiens…

Le couac, c’est que Trognon est équipé d’un détecteur à bonbon… Scène classique dans la voiture : il est 11H30, il rêvasse à l’arrière et je conduis en m’avalant des tonnes de crocodiles, le paquet savamment dissimulé dans le vide-poche de la portière… Puis soudain…

-            Maman, c’est quoi ce bruit ?
Prise la main dans le sac… Essayer de gagner du temps pour faire une réponse cohérente…
-            Quel bruit ?
-            Le bruit là…
Nier…
-            Il y a pas bruit Trognon… Je n’entends rien.
-            Mais si maman, un bruit de papier
Tenter la diversion…
-            Oh regarde dehors, un camion !
-            Maman, t’as quoi dans ta bouche ?
Zut, je suis vraiment grillée… Rester cohérente…
-            J’ai rien du tout… Je comprend pas de quoi tu parles là…
-            Maman, moi aussi je veux un bonbon…
Persister…
-            J’ai pas de bonbon Trognon.
-            Mais si dans ta bouche…
Et m… Jouer ma dernière carte, celle de l’autorité parentale
-            Ecoute, on va bientôt manger, c’est pas l’heure d’avoir des bonbons là…
-            Mais maman, je veux un bonbon…
Assumer : être une bad mother…
-            Maintenant ça suffit, si tu continues t’iras au dodo directement sans manger du tout dès qu’on arrive à la maison…



Je sais. C’est pas bien…


Une participation au cathartique #BADMOTHER de Foxy Mama et Petits Diables !

mercredi 2 octobre 2013

Mode d'emploi du Cromagnon

S’il a troqué le silex contre un iphone dernier cri, il n’en est pas moins resté, par bien des aspects, à l’ère préhistorique. Et rien qu’en écrivant ça, je sais qu’il va pousser en me lisant un grognement caverneux. Là juste maintenant. Et peut-être ajouter un petit « n’importe quoi » un peu plus évolué.

Je ne sais pas si la cromagnonerie est un stade d’évolution très répandu parmi les mâles du 21ème siècle, néanmoins et de façon empirique, j’aurais tendance à penser que nombreux des traits de caractères de mon Cromagnon se retrouvent dans la population masculine moderne.

Forte (plus ou moins) de 10 ans de relation conjugale avec ce parfait spécimen de l’âge de pierre, je me propose d’en dresser un rapide mode d’emploi qui pourrait se révéler utile en cas de guerre des tranchées. (N’ayons pas peur des imprécisions historiques).

Règle numéro 1 : Le Cromagnon a besoin pour survivre d’une grotte.

Certains Cromagnons de ma connaissance (les plus atteints)  se réfugient le plus clair de leur temps libre dans une grotte au sens littéral du terme. Et ils appellent ça de la « spéléologie » pour avoir l’air évolué. La grotte de mon Cromagnon est plus métaphysique. Elle constitue un espace temps séparé du notre et dans lequel il est hors d’atteinte. Elle semble essentielle à la survie de l’espèce et assure sa régénérescence. Elle peut se matérialiser par un journal « L’Equipe » déployé de manière à le masquer complètement ou prendre la forme plus discrète d’un smartphone aux vertus isolantes voire même pour le Cromagnon le plus âgé de mon entourage, d’un casque audio diffusant de la musique à plein tube.

 Dans tous les cas, il est assez aisé de repérer le moment où le Cromagnon entre dans sa grotte en observant sa régression linguistique. Un Cromagnon en sa grotte (et à fortiori le mien), ne s’exprime plus que par un nombre réduit d’onomatopées du type : « mmmh », « ah », « mouais », « mmmh – mmmh ». Toute tentative de communication à cet instant précis est vouée à l’échec.

Si vous avez un besoin impératif de communiquer avec ce mâle reclus, trois options s’offrent à vous :

-          Remettre à plus tard (croyez-mois, c’est l’option la plus raisonnable).
-          Ajuster votre niveau de langage et tenter la communication par le dessin ou par le mime. (Il vaut mieux dans ce cas, rester sur des échanges assez basiques).
-          Faire sortir le Cromagnon de force. Mais le pari est risqué : un Cromagnon mal viré est un Cromagnon dangereux.
-          Faire sortir le Cromagnon par la ruse. En utilisant par exemple de la nourriture. Nous en arrivons ainsi à la 2ème règle numéro 2.


Règle numéro 2 : Le Cromagnon doit se nourrir à intervalles réguliers 

Cette règle est essentielle. N’essayez pas de passer outre, c’est une erreur que j’ai trop souvent commise. Or un Cromagnon ne PEUT PHYSIOLOGIQUEMENT PAS sauter un repas.  Un Cromagnon affamé est un Cromagnon primitif. Et hargneux. Désormais quand on joue aux touristes, je sais qu’il vaut mieux tenter le resto vers 11h30 / 12h que 12H30 / 13H. Et à la maison, si on est en retard sur l’heure du repas, je me dépêche de sortir quelques encas pour rassasier un peu mon Cromagnon. Deux ou trois cacahuètes avec une bière peuvent faire l’affaire.

N.D.L.R : Le Cromagnon ne dit pas forcément qu’il a faim. C’est là toute la subtilité de l’affaire. C’est à vous de le deviner. Si vous trouvez votre Cromagnon un peu tendu, encore moins communicant qu’habituellement, prompt à la râlerie, essayez de le nourrir et voyez si les choses s’arrangent.

Règle numéro 3 : Le Cromagnon est atteint d’un trouble de la communication

J’ai souvent pensé m’être fait comprendre de Cromagnon en usant de diplomatie. Erreur. Cromagnon n’est pas forcément de mauvaise foi. Il n’est tout simplement pas subtile. Pour se faire comprendre du Cromagnon, il faut utiliser un langage clair et basique, bannir définitivement tout sous-entendu.
Exemple : Ne pas dire « La maison aurait bien besoin d’un coup d’aspirateur » mais « peux-tu passer l’aspirateur ». De même, veillez à passer des consignes claires, ce qui est évident pour vous, ne l’est pas pour lui…  Il est aussi intéressant de noter que le Cromagnon a parfois quelques difficultés à s’exprimer, notamment de façon sentimentale. N’en prenez pas ombrage et sachez décrypter son langage non verbal : le croissant ramené de la boulangerie qui témoigne de son affection, le pli qui barre son front quand il est soucieux, le brillant de ses pupilles quand il est ému, le silence de sa colère.

Règle numéro 4 : Le Cromagnon doit dormir 8 heures par nuit

Tout déficit de sommeil devra être compensé par des siestes le weekend. Le Cromagnon fatigué est aussi sympathique que le Cromagnon qui a faim. Veillez donc à son temps de repos hebdomadaire. Il en va du bien-être de toute votre tribu.
Autre particularité observée : quelque soit son niveau de fatigue, le Cromagnon s’endort systématiquement devant la télé. Quand j’incite mon Cromagnon recroquevillé sur le canapé à aller se coucher dans un vrai lit, il répond par un grognement et marmonne un vague « mmmmh, mais je dors pas » ou « mmmmh mais je suis bien là ». Le Cromagnon se réveille en général en sursaut quand vous éteignez la télé et complètement courbaturé monte alors se coucher dans un vrai lit où il a parfois du mal à se rendormir. Je me permets de partager une étrange expérience menée sur mon cobaye : lorsque la télé reste allumée, le Cromagnon ne se réveille pas. Ou pas avant 2 ou 3 heures du matin. Si vous supportez le bruit de la télé en pleine nuit, c’est une expérience assez amusante que je ne peux que vous encourager à mener.

Règle numéro 5 : Le Cromagnon a une vue et une mémoire limitée

Combien de fois me suis-je dis : « mais c’est pas possible, il le fait exprès ». Aujourd’hui, je crois pouvoir dire que non. Il ne voit VRAIMENT pas la pile de linge en bas de l’escalier qu’il faut monter à l’étage (ou alors il croit que c’est pour décorer). Il ne voit pas VRAIMENT pas les chaussettes sales qu’il a abandonnées pendant 4 jours sur le canapé. Il ne comprend VRAIMENT pas l’intérêt de faire le lit tous les jours… Et il a VRAIMENT oublié de poster les lettres qu’il promène sur le tableau de bord de sa voiture depuis 3 semaines.

Je n’ai pas encore trouvé de remède sur ce dernier point.  Je suis preneuse de tout conseil.


Ces quelques règles devraient pouvoir vous aider à profiter de votre Cromagnon de la manière la plus sereine possible. Car sous ses aspects un peu primitifs, le Cromagnon est également un être très affectueux et très attachant. Je n’échangerais le mien contre aucun autre homo sapiens !
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