lundi 21 octobre 2013

Planète de fous

Le Petit Prince vivait sur l'Astéroïde B612. Une planète étrange. Mais moi, je vis carrément sur La Planète des Fous.

Vous ne la connaissez pas ? Si, si, regardez bien. Vous avez les pieds dessus.

Sur ma Planète des Fous, on sait construire des téléphones intelligents, des films en 3 dimensions, des joysticks supersonics. Mais on ne sait toujours pas, guérir les cancer des enfants.

Sur ma Planète des Fous, on se bat pour avoir des droits, et quand on les a obtenus, on les méprise.

Sur ma Planète des Fous, on vit pour travailler et on oublie de travailler pour vivre.  On maquille le stress avec des strass et des paillettes et on court en arrière.

Sur ma Planète des Fous, on essaie de gagner du temps et quand on l'a gagné, on s'empresse de le gaspiller.
Sur ma Planète des Fous, on pense toujours qu'on a presque tout ce qu'il nous faut. Qu'il nous manque juste "un peu plus" pour être parfaitement heureux. Un peu plus d'argent, un peu plus de temps, un peu plus de tout. On court aveuglément d'un "un peu plus" à l'autre jusqu'à se faire rattraper par "beaucoup plus". Beaucoup plus de douleurs, beaucoup plus de maladies, beaucoup plus de pollutions, beaucoup plus de violences.

Sur ma Planète des Fous, on veut du bio, on réclame du naturel, on empile les labels. Et quand on a la nature sous les yeux, un pissenlit sur le trottoir, un rayon de soleil dans les branches, une rafale de vent dans les cheveux, on oublie de regarder, on oublie de respirer.

Sur ma Planète des Fous on veut être libres et on s'enferme, on veut être soi et on se déçoit, on veut aimer sans souffrir et l'on souffre sans aimer.

La plupart du temps je fais partie de ces fous là. Je marche, je cours, je me plie et je rampe. Je suis un fou parmi les fous. Je piétine, je consomme, je calcule, je médis, je juge, je m'interdis, je m'oblige. Je m'accroche à mon rôle de composition,  je récite mon texte et j'y met toutes les intonations, je suis à la lettre le scénario, je joue la prudence, je joue la patience. Et je cours, je cours, je cours. Folle parmi les fous. Sans savoir où l'on va.

Mais parfois, quelques secondes, quelques minutes, quelques heures, je m'arrête.

Le sourire de mon fils. La lumière des yeux de ma fille. Je m'arrête. Je les regarde. Et plus rien ne compte. Je m'éloigne en un battement de cils de la planète des Fous. Je la regarde de loin, jolie petite terre névrosée. Et je me demande.

Où est l'essentiel ? Où est mon Essentiel ?





2 commentaires:

Toujours un plaisir de vous lire...!

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