mercredi 20 novembre 2013

1er biberon : le sevrage...

La reprise du travail (et la mort du blog ?) arrivant bientôt, il a fallu penser à sevrer Cracotte.

Sevrer. Quel vilain mot. Quand je le prononce, j'ai l'impression de parler d'une toxico qui part en cure.
Cracotte est ma deuxième enfant. Je revis donc avec elle tout un ensemble d'étapes déjà vécues avec Trognon. On pourrait penser que c'est plus facile, que j'ai l'habitude...


Et non.

Sevrer, c'est se séparer. Un peu. Une nouvelle fois.

C'est peut-être difficile à comprendre pour le papa. Lui qui a hâte de pouvoir donner le biberon à son bébé, de participer un peu plus, de le nourrir sans dépendre de la maman.

C'est peut-être difficile à comprendre pour les mamans qui ont fait le choix, dès le début, de donner le biberon et ont déjà pu apprécier ce partage avec le papa.

Mais pour moi, c'est difficile.

La naissance de Cracotte et Trognon ont chacune représenté une rencontre attendue avec mes bébés dont je découvrais enfin le visage après 9 mois de grossesse. Mais j'ai aussi à chaque fois ressenti avec douleur la séparation de nos corps, la fin d'une osmose et d'une exclusivité tendre.

L'allaitement qui s'est bien passé dans les deux cas a constitué une sorte de prolongation de cette relation fusionnelle et charnelle entre mes enfants et moi. Un reliquat de ce partage du corps, un souvenir de la vie 2 en 1.

Pourtant, j'ai souvent râlé de devoir encore limiter ma consommation d'alcool (pathétique, n'est-ce pas?!) et de ne pas pouvoir laisser à Cromagnon les enfants pour prendre un peu de temps pour moi. Ne souhaitant pas tirer mon lait (la machine à traire ne me convient pas du tout...), j'étais la seule à pouvoir nourrir Cracotte depuis sa naissance. Passer au biberon, c'est donc retrouver un peu de liberté. Mais c'est aussi tourner une page, celle de la grossesse, des 1ers instants de vie, de l'exclusivité.

Pour Trognon, nous sommes rapidement passé au biberon et pour moi, ça a été plus facile. Souffrant d'un RGO, il fallait épaissir son lait pour limiter le reflux. Je le sevrais pour son bien. La décision était donc plus facile à prendre. Par ailleurs, gros mangeur avec une courbe de croissance exponentielle, je devais le nourrir très souvent et il m'épuisait. Le passage au biberon s'est donc fait sans difficulté et avec plaisir, même si une pointe de nostalgie subsistait.

Le sevrage de Cracotte ne procède pas d'un choix mais s'inscrit, comme pour la plupart des femmes dans ma reprise du travail. La sevrer, c'est entamer un nouveau processus de séparation qui l'enverra chez la nounou et moi, au bureau. Je suis bien consciente d'être chanceuse et d'avoir pu en profiter plus longuement que nombre de mamans. C'est tout de même difficile.

Pour moi. Parce que si Cracotte a été un peu surprise lorsque son père lui a proposé son 1er biberon et a fait la fine bouche, elle a rapidement pris l'habitude et alterne à présent facilement entre le sein et le biberon.

J'ai décidé pour encore quelques semaines (?) de garder la tétée du matin et du soir.


Encore quelques minutes de douceur entre elle et moi, un ultime baroud d'honneur, rempart contre la grisaille automnale, un dernier rayon de soleil de cet été où elle est née...

8 commentaires:

  1. Comme je te comprends. Quand j'ai accouché de Prem's, je travaillais et je n'avais pas la possibilité de prendre un congé parentale (tu ne me croiras pas, mais ça n'existait pas dans mon milieu professionnel). Il a donc fallut "sevrer" Prem's rapidement et la confier à une étrangère pendant que je repartais travailler (10h par jour, 5 jours par semaine). La séparation a été extrêmement dure, j'en ai même pleuré au boulot (la honte)! Pour Deuze, tout a été tellement différent. Je ne travaillais plus, elle est née prématurée, pas de montée de lait ou très peu les 2 premiers jours. Donc pas le choix, ça été biberon tout de suite. C'est là que j'ai décidé, en accord avec Papanator, de rester à la maison en congé parentale, justement pour ne pas avoir à revivre cette séparation, qui arrivera quand même puisque Deuze aura 3 ans l'année prochain, mais sera probablement moins pénible à vivre à cet âge que lorsqu'ils sont bébés. Chaque enfant est différent (heureusement) mais nos sentiments , notre ressenti face à certaine situation sont les mêmes et sont parfois dures à vivre (plus pour nous que pour eux d'ailleurs). Mais n'est ce pas aussi notre "travail" de Maman que de leur apprendre à se détacher pour, un jour, prendre leur envol? Dis toi que c'est pour leur bien. Courage ! !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Oui oui... Ca peut faire du bien à tout le monde... Mais quand même tout petit, si petit, c'est dur ! Effectivement, à 3ans, on les sent + prêt à aller à l'aventure et à la rencontre des autres qu'à quelques mois !Profite bien de ton congé parental !

      Supprimer
  2. Comme je te sens tristounette à travers ce post. Un petit coup de blues avec ces jours qui raccourcissent, le froid qui arrive et toutes ces contraintes que tu dois subir en ce moment. Et bien tu en as le droit! Merde alors, on n'est pas des WONDERWOMEN !!!Mais une fois que tu auras digéré tout ça (dans pas trop longtemps non plus faut pas exagérer hihihi!), tu vas reprendre un autre rythme et tu vas redevenir femme environ 7H/jour si tu reprends à temps complet ,avec ton job qui va te permettre de t'aérer la tête ,de voir du monde ,de te faire belle pour sortir....et après ta journée tu retrouveras tes gnômes en pleine forme super heureux de retrouver leur mamounette. Courage Ma Princesse. Grosses bises.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Bah oui, mais merci pr votre gentil soutien... Allez, on va dire que le plus dur c'est de faire les premiers pas pour y retourner. Mais je ne devrais pas me plaindre... J'ai décidé de reprendre à 80% avec le mercredi consacré à mes enfants !

      Supprimer
  3. Pour mon grand, né avec un mois d'avance, l'allaitement a été assez compliqué. Pour ma grande, mon boulot de nuit m'a permit de l'allaiter pdt an, en plus elle refusait de boire au bibi. Pour Gerboulette 6 mois demain, je l'allaite encore, on a commencé à diversifier, mais toujours une TT après la purée, et puis depuis que j'ai repris le travail la demoiselle à décidé de refuser le bib.
    Je lis dans ton post une certaine nostalgie de cette période, et je comprend car pour le moment j'envisage pas de la sevrer, et comme tu dis c'est terme tellement fort, mais c'est ça, nos bébés sont accros à leurs mamans !!!

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Et nous accros à nos bébés ! Merci pour ton passage ici

      Supprimer
  4. je comprend ton état d'ame mais une tétée le matin et le soir est un bon compromis c'est ce que j"ai fait avec mon dernier et cela pendant 11mois sans aucun problème c'est lui qui a décidé de se sevrer lol si je puis dire alors courage ça va aller !! petite anecdote il est assis sur le canapé mesure 1m83 et a 19 ans maintenant biz

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Ca lui a bien réussi alors ! ;-) Ouh là là je n'arrive pas à m'imaginer avec les miens si grands... Mais j'imagine que ça passe plus vite qu'on ne le croit !

      Supprimer

Toujours un plaisir de vous lire...!

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...