mercredi 18 novembre 2015

Lettre aux méchants

Chers Méchants,

Je  ne vais pas citer vos noms ou vos tristes acronymes parce que vous n'avez pas besoin d'une nouvelle tribune pour répandre votre venin stérile.

Je n'ai pas vraiment envie de vous parler non plus, mais je tenais tout de même à vous remercier.

Il y a encore quelques jours, pour défendre les droits de l'Homme, pour se dresser en héros du peuple, il fallait militer, s'engager, combattre, revendiquer.  Aujourd'hui, il n'y a plus qu'à picoler, faire l'amour, mettre des jupes trop courtes, fumer et danser. Et tout ça, je dois l'avouer, c'est nettement plus à ma portée.  Je vais pouvoir trinquer "à la Liberté", boire un verre de trop pour la santé de l'humanité.

Merci, grâce à vous, je suis devenue une militante de la terrasse de café, une dilettante au service de la Liberté.

Chers méchants,

Je ne suis pas de ceux qui n'ont pas peur. Vous me faites peur parce que votre bêtise n'a d'égal que votre fanatisme. Vous me faites peur parce que nous aimons la vie comme vous aimez la mort. Vous me faites peur parce que je sais que vous allez recommencer. Encore et encore. Je sais qu'il y aura d'autres jours noirs et que nous pleurerons encore nos morts.

Vous me faites peur, mais ça n'est pas le plus important. Ce qui compte et ce qui comptera toujours, c'est que mon fils ce matin m'a dit qu'il m'aimait fort, que j'ai fait de la purée pour le déjeuner et qu'ils ont trouvé que c'était le meilleur repas de l'année. Qu'on s'est fait des chatouilles et des bisous dans le cou, qu'on a rit et qu'on vous a dit fuck you.  Il y a du bonheur et de l'amour sur cette planète à chaque seconde qui passe et tant mieux si ça vous déplaît. Nous n'avons pas besoin de votre Captagon pour triper, pour baiser, pour exister.  

Vous voyez, vous ne pourrez pas arrêter la marche de l'humanité parce qu'on est des milliers à vivre et à s'aimer. Vous êtes déjà dépassés, votre crépuscule a commencé. Parce que c'est ce que le sens de l'Histoire. Parce qu'on ne peut pas marcher à l'envers sans trébucher.

C'est vrai, mea culpa, vous et moi et tous les autres, chacun à notre manière, on a sacrément pourri l'avenir de nos enfants, on a joué avec la planète comme avec un vieux ballon crevé, on a grave merdé, on s'est fracturé, on s'est replié, on a manqué de respect à l'humanité.

Mais on va se rattraper. On va vivre comme on a jamais vécu. On va se marrer et festoyer, et nos rires vous insulteront, et notre vie effacera vos ombres sans âmes. On va s'aimer, on va transformer notre quotidien en une orgie de libertés. On va refuser de vous écouter, on va refuser de se diviser.

Tremblez les méchants parce que l'Histoire vous a déjà oublié.


jeudi 12 novembre 2015

Jouer à la guerre

11 novembre : extraits trognesques



Trognon a choisi la bonne journée pour me faire cette déclaration  dans la voiture hier :

-"Maman, j'ai décidé de ne plus jamais jouer avec M. et R."... s'est-il exclamé subitement.
- Mmmmh ah bon... (mais j'essaie d'être concentrée sur ma conduite là !)... Petit effort de double concentration et je demande quand même : " pourquoi ?"
-  Parce qu'ils jouent toujours à la guerre !
-  Et tu n'aimes pas ça toi, jouer à la guerre ?
- Non...
- Pourquoi tu n'aimes pas ça ? (et voilà j'ai loupé le croisement, conduire ou réfléchir, il faut choisir !)
- Parce que c'est triste la guerre. Il y a plein de morts et Hitler qui est méchant.
- ... C'est vrai... C'est très triste la guerre. Mais tu sais là, là c'est juste un jeu dans la cour de récré. Tant qu'on se rappelle que c'est un jeu, ça n'est pas forcément grave.
- Non, je n'aime pas ça. Parce qu'après, si on joue trop à la guerre, on s'habitue.
- On s'habitue à quoi ?
- A la guerre. A faire du mal, à être méchant.
- Alors à quoi tu joues toi à la récré ?
- Mois je joue à être un explorateur. A chercher de l'or. Et des fossiles..."

Voilà, je n'ai pourtant jamais eu de position très affirmée sur le sujet. De tous temps, les petits garçons ont joué à la guerre me semble-t-il... Cromagnon aime encore y jouer de temps en temps l'hiver avec ses copains et quelques boules de neige...  (siiiiii Cromagnon, n'essaie même pas de dire le contraire)...  Je n'ai jamais eu de discours moralisateur sur le sujet. J'aime beaucoup les batailles d'eau à coup de pistolet à eau (enfin seulement si c'est moi qui ait le pistolet) et je ne râle presque pas quand Trognon me poursuit dans la maison avec son épée (en mousse, je précise).

Je ne sais pas exactement ce que "jouer à la guerre" à la récré recouvre exactement comme type d'activités. Jets de projectiles illicites ?! Cris guerriers ? Attaques collectives ?

Je ne sais pas non plus si quand on joue trop à la guerre, on s'habitue. Et dans l'autre sens est-ce que ça marche  ? Si on joue à être le gentil de l'histoire, est-ce qu'on finir par le devenir pour de vrai ?!

On dirait presque un sujet de philo au bac... Je dois vraiment être en mal d'activité neuronale pour me poser ce genre de questions...

J'ai trouvé un début de réponse dans une émission radio sur laquelle je suis tombée par hasard hier dans la voiture (au voyage retour, le hasard fait bien les choses) sur France Inter.Oui Cromagnon, quand tu n'est pas là, j'apprécie grandement de ne pas être obligée de me farcir RMC Sport. Oui j'écoute France Inter. Mais ne t'inquiètes pas, je ne l'allume pas encore au moment du petit dej (coucou les beaux-parents !)

Mais je m'égare !  C'était une émission sur l'altruisme qui parlait notamment d'une étude neurologique pratiquée sur des personnes pratiquant de façon experte (comme Mathieu Ricard) la méditation bienveillante et des effets que cela avait sur la structuration de leur cerveau et sur leurs connections neuronales.  Vous pouvez retrouver l'émission "La tête au carré" ici.

Et pour poursuivre sur le même thème, il y a quelques petites choses intéressantes à lire ici. Il y est notamment question de la journée de la gentillesse qui a lieu DEMAIN !



Voilà, j'arrête de cogiter et je vais essayer de dire GENTIMENT au Bretzel qu'il est l'heure de faire sa sieste...BORDEL. DORS !!!!!!!!!!!!!!!!!!!

(oui, j'ai une grannnnnnnde marge de progrès à faire au niveau de la gentillesse et de la bienveillance!)

mardi 3 novembre 2015

6 mois

Tu as eu 6 mois il y a quelques jours mon petit bonhomme sourire, mon Bretzel doré... (je suis gnan gnan si je veux). 

6 mois passés comme ça, sans qu'on y prête grande attention. J'ai l'impression que tu es né hier mais pourtant, il y a des signes qui  ne trompent pas. Tes petites dents du bas, bien plantées dans la gencive et plus aiguisées qu'un couteau suisse et ta façon de rouler pour te déplacer sur le tapis de jeu, au milieu des livres, des Sylvanians et des playmobils interdits au moins de 3 ans que tes aînés ont abandonné.

La moitié d'une année qui s'en est allée sans qu'on puisse la retenir,  sans même pouvoir prendre le temps d'un regard en arrière.  En 6 mois, nous avons produit des  milliers de photos pas triées et des milliards de couches usagées (non je n'exagère pas, entre ta soeur et toi, je suis sûre qu'on jette chaque mois l'équivalent de deux demi continents de couches puantes). (Voilà, c'est dit, c'est nous les responsables du trou dans la couche d'ozone et du réchauffement climatique : si vos vacances de ski sont toutes pourries faute de neige, vous saurez à qui vous en prendre). 

Ces 6 derniers mois, j'ai perdu des kilos et j'ai gagné des cheveux blancs, j'ai mal dormi. Encore et encore. J'ai pété les plombs. Plein de fois. J'ai pleuré des fois. J'ai eu les yeux qui se ferment tout seuls au milieu de la journée. J'ai sauté des dizaines de repas et j'ai passé des journées sans arriver à m'asseoir plus de dix secondes. Je me suis demandée quand est ce que tu allais arrêter de manger la nuit. Bordel ! (La nuit on a le droit de dire des gros mots). Je me suis fâchée avec ton père si souvent que je ne me souviens plus pourquoi. Je lui ai dis que je l'aimais et je me souviens très bien pourquoi. J'ai râlé et j'ai promis d'arrêter de râler. Et puis j'ai râlé encore parce que c'est ma seconde nature. Je respire, je râle. Je respirâle en fait. C'est un nouveau concept. J'ai simplifié le système de tri du linge sale et avec un bon vieux code couleur, ton Cromagnon de père a enfin pigé le truc. Je ne ramasse presque plus jamais ses vieux caleçons dans le coin de la chambre et ça, c'est quand même un grand progrès pour l'humanité. Je lui ai planqué tellement de fois ses ceintures qu'elles sont désormais toujours rangées. Je dois avouer que l'élève Cromagnon est en net progrès. (Efforts à poursuivre, tendance à s'endormir sur ses lauriers).

J'ai survécu à l'absence de 15 jours du Cromagnon. J'en ai profité pour perdre mon téléphone portable greffon, j'ai essuyé une pernicieuse attaque de poux, j'ai tenté de contrer une  vilaine otite des oreilles de Cracotte, je me suis fait ton rendez-vous chez le pédiatre avec ton frère et ta sœur qui ont décidé de te chanter des berceuses pour couvrir le bruit de tes pleurs et je crois qu'ils y sont arrivés. Je suis ressortie avec un mal de crâne et la pédiatre aussi. J'ai passé des moments très chouettes avec vous trois. On a regardé des tas de photos du Cromagnon en voyage et on a échangé soigneusement nos petits bonheurs du quotidien. On a fait une journée bleue et des tas de promenades.  J'ai craqué plein de fois, j'ai dis des vilains mots et j'ai été la mère que je n'aime pas être. J'ai épuisée ma patience et j'ai été carrément en rupture de stock de bonne humeur.

Mais pas une seule fois je n'ai regretté. J'ai survécu. Et vous aussi. Et même je crois qu'on a aimé ça, cette folie du quotidien, cette  adrénaline de la couche moisie et du pou vicieux.

Je peux même te le dire, j'ai adoré ces 6 derniers mois avec toi. J'ai adoré être là, tout le temps, pour vous. J'aime être votre point d'attache à tous, avant que vous ne soyez prêts à larguer les amarres. (mais laissez moi le temps). Je ne me suis jamais sentie autant à ma place. Je sais la chance que j'ai de ne pas avoir connu le difficile retour au boulot. J'ai du marcher un paquet de fois dans une crotte de chien du pied gauche parce que je suis sacrément vernie.

C'est aussi vrai que depuis 6 mois, je n'ai plus une seconde. Je n'ai plus le temps de rien, juste le temps pour vous. Je me dis que certains doivent se dire que je ne donne plus trop de nouvelles. Mais chaque instant m'est compté. Alors je dois choisir. Comme aujourd'hui. Je devrais préparer le repas de ce soir, plier le linge, rappeler les personnes qui attendent de mes nouvelles, payer les factures, trier les papiers. Avant tout, je devrais dormir.  Mais je n'ai qu'une heure devant moi. Une heure miraculeuse où tu dors en même temps que ta sœur. Alors je dois choisir et décider parfois de prendre un peu de temps pour moi. Parce que c'est vital. Pour mon équilibre mental... (dixit le Cromagnon qui me supplie d'aller courir, d'écrire ou de me faire un ciné quand mon baromètre de chiantise atteint son niveau maximum).

En parlant d'équilibre, je ne suis pas sûre qu'on ait tout à fait trouvé le notre à 5, parce que j'ai surtout l'impression que nous sommes une famille funambule qui avance sur un fil et manque de tomber à chaque pas. On essaie de ne pas regarder en bas parce que ça fiche la trouille. On essaie d'avancer ensemble et de bien regarder droit devant nous. On tangue sans arrêt et  je crois que ça sera comme ça encore un bout de temps. Mais je ne pense pas que ce soit très grave. On y arrive pas tous les jours. On est pas les parents parfaits et vous, vous êtes vraiment pas les enfants parfaits non plus. Mais on tangue sur le même fil et je crois que ça nous suffit.

Tu vois, tu as 6 mois et je ne parle presque pas de toi. Je parle de nous tous, parce que c'est ça ta vie. Tu grandis dans ce tourbillon incessant, entre les jeux des grandes, calé entre mes jambes pendant l'histoire du soir, coincé sous un bras pendant le brossage des dents. Tu reçois une quadruple dose d'amour et je crois que ça te convient.


Tu es un formidable petit bonhomme tranquille et je te remercie pour ces six derniers mois. Garde ces yeux pétillants, ton sourire  et ta présence toute simple mais tellement apaisante.

Je n'aurais que deux choses à te faire remarquer :

- Avant 6 heures du matin, ça n'est pas DU TOUT raisonnable de réclamer un biberon. Quand tu forces ton père à se relever au milieu de la nuit pour te préparer un biberon sans grumeau (oui parce que tu fais le difficile en plus), l'humeur du matin s'en ressent sacrément sur la maisonnée. Et ça tu vois, c'est pas bien. Un Cromagnon fatigué, on ne le dira jamais assez, c'est DANGEREUX.

- Tu as le droit de faire ta sieste EN MÊME TEMPS que ta sœur. Et pas juste 20 minutes avant qu'on parte chercher ton frère à l'école.  Comme aujourd'hui. C'est parfait. Voilà, recommence demain et je t'offres une rollex pour tes 6 mois en cadeau de remerciement  (et comme ça, tu seras sûr de ne pas avoir loupé ta vie).

Bonne moitié d'année mon petit Bretzel !

(cet article est potentiellement bourré de fautes d'orthographes ou de tournures bancales, mais je ne relis pas, je n'ai PAS LE TEMPS !!!!) (vous l'aurez compris !)

vendredi 18 septembre 2015

Survival Blog

Non, le blog n'est pas mort ! Il est juste en mode survie. Comme moi en fait. Je ne suis pas non plus victime de la page blanche, j'ai encore des tas de choses inintéressantes à vous raconter en fait.

Mais voilà, je n'ai plus le temps. Enfin si, je l'ai, entre 21h et 23h. Mais c'est l'heure où je m'écroule m'affale dans le canapé à regarder d'un œil vitreux la télé que Cromagnon a allumé. (et il en profite le bougre, devant ma léthargie affichée, il a réussi à me faire croire que par miracle, il y avait vraiment du sport tous les soirs à la télé...).

Parfois, j'essaie de faire deux ou trois papiers administratifs en retard. Parfois je surfe dans le vague sur internet en attendant  10 minutes qu'une page charge comme au temps préhistorique du web parce que dans notre bled du Far East, on peut pas regarder la télé et aller sur internet en même temps. (c'est rapport aux poules du voisin qui brouillent les ondes). Parfois je me dis que je devrais aller défaire quelques cartons. Et puis non en fait.

Néanmoins, je vous dois un petit résumé :

- Nous avons déménagé. YES WE DIT IT ! Avec 3 enfants (mais sans chien), en pleine canicule. Même Barack Obama ne peut pas en dire autant.  Et franchement, ça s'est plutôt bien passé.  Je vous raconte tout ça dans un prochain article parce que franchement, il y a quand même des épisodes collector.

- Nous sommes bien installés (dit la fille qui fait semblant de ne pas voir les piles de cartons non ouverts à la cave et qui range ses fringues sur une tringle à rideaux posée entre deux chaises!)

- Cromagnon a commencé son travail et pour l'instant il aime bien. (on dit toujours ça au début).

- Trognon a fait sa rentrée les doigts dans le nez ! Un truc de dingue : l'Alsace l'a transformé ! Je vous raconte ça dans un autre article parce que ça vaut le détour.

- Cracotte marche toujours (non mais je précise hein, on sait jamais !) et elle entend ! Ce qui facilite grandement la communication. En revanche, l'Alsace n'a pas encore fait de miracle : elle est toujours Miss Caractère de Chien Numéro 1. Elle fera ses 1ers pas à la crèche dans quelques jours. (on attend que le personnel ait fini sa formation de self defense et de recevoir une musolière en titane commandée en solde sur internet)

 - Numéro 3 a un nom  ! Si !!!!! A  presque 5 mois il était temps.... Je ne laisse pas le suspens durer plus longtemps, il s'appelle.... Bretzel. Que ceux qui ne voient pas le rapport avec notre nouveau lieu d'habitation sortent tout de suite ! Voilà, après Trognon et Cracotte, on reste dans la thématique Bouffe chère à mes yeux  et à mes kilos post grossesse. C'est donc mon petit troisième, le plus alsacien de la famille, le petit grain de sel qui est venu enrayer la machine familiale pour nous transformer en une joyeuse bande déjantée et débordée. Il me reste plus qu'à rajouter sa bobine dans l'entête du blog et on sera au complet ! Bretzel donc (vous verrez on s'y habitue) a  5 mois et doit se faire des shoots à l'hormone de croissance en douce parce qu'il grandit trop vite, j'ai pas le temps de sortir les bonnes tailles de vêtements des cartons. Il a choisi la voie du milieu et dort BEAUCOUP moins que Cracotte, mais BEAUCOUP plus que Trognon au même âge (il y a pas de mal, Trognon ne dormait pas du tout). Moi en tout cas, je trouve qu'il ne dort pas assez... Mais tout est une question de point de vue...

- Moâ. Je ne regrette aucun de nos choix. J'aime beaucoup cette nouvelle région et tout ce que nous avons hâte d'y découvrir. La maison est top  (sauf les mouches, partez les mouches s'il-vous-plaît), la vie à la campagne nous fait du bien (je retrouve les poules, les chevaux et le son des cloches de mon enfance), et toute la famille semble avoir trouvé ses marques. 



 Je suis contente de pouvoir offrir avec  l'aide de Cromagnon un chouette environnement aux enfants et un rythme nettement plus cool pour tous. Trognon rentre manger à la maison tous les midis et les deux petits passent la journée avec moi. J'aime être là avec eux à chaque instant, profiter de tous ces petits moments tous doux auxquels on a le droit que quand on a le luxe du temps. Les câlins entre frangins dans le lit le matin, les goûters dans le jardins, les retrouvailles à la sortie de l'école... 




Mais je n'ai pas pour habitude de faire la langue de bois, donc je vais vous le dire, c'est aussi EPUISANT. Sans doute plus que je ne l'avais envisagé. Cracotte et Bretzel ont le don de ne pas faire leur sieste en même temps, Bretzel prend encore un biberon à 1h du mat et se réveille à 5h30, je dois habiller et déshabiller tout le monde pour les horaires de l'école 4 fois par jour,  j'ai souvent la tête farcie des cris de tout le monde, je n'arrive parfois pas à manger avant 14h30 le midi, j'ai souvent sommeil, je crie et m'agace plus souvent que je ne le voudrais, mes copines/collègues me manquent et surtout nos déj Bière, j'aimerais bien avoir plus d'activité cérébrale et surtout DU TEMPS pour moi (petit papa Noël si tu m'entend !)....  Avec Cromagnon, nous cherchons notre équilibre et je vais souvent de temps en temps courir une demi-heure quand il rentre du boulot pour souffler un coup. Je vous raconterais tout ça en détail un jour peut-être.

En résumé, et parce que j'ai une lessive à lancer (vis ma vie glam de mère au foyer), nous sommes HEUREUX. Pour de vrai.  Reste plus qu'à me trouver quelques minutes de Liberté par jour et je suis sûre qu'I will Survive !

J'en profite pour m'excuser platement auprès de toutes les personnes qui attendent un mail, un appel, une lettre, un signe de moi... Je n'oublie rien (je fais des listes je vous rappelle) et un jour, entre deux couches moisies, je vais y arriver!

PS : Pinaise, ah ce que ça fait du bien d'écrire !!!!



lundi 31 août 2015

L'été de tes 5 ans

Demain tu reprendras le chemin de l'école. Et ce soir, je suis sereine. Un sacré défi t'attend avec une nouvelle école, des têtes que tu ne connais pas, un nouveau fonctionnement. Mais pour la première fois depuis que tu vas à l'école, je suis confiante...


Cet été qui se termine restera dans mes souvenirs comme celui où tu es devenu grand. Je ne parle pas de tous ces centimètres que tu sembles avoir pris en quelques mois, de ces pulls en taille 7 ans que je t'ai commandé pour cet hiver, ni même de ton visage qui change et perd ses derniers traits poupons.

Non je parle du petit bonhomme que tu es devenu. Des peurs que tu as dépassées. Je parle de la confiance que j'ai en toi, de tes épaules de grand frère. Je parle du chemin que tu as parcouru depuis le jour de ta naissance.

Je parle des cinq dernières années qu'on a pas vu passer, même si c'est cliché.

Ton premier regard, sérieux, concentré. Mon émotion, ma peur et cette tempête d'amour qui m'a fait chavirer. Ton petit corps bleu et les longues minutes où tu cherchais ton souffle et où je retenais le mien. L'attente brève et longue à la fois. Ta naissance si intense, à l'image de toutes ces premières années. Tes pleurs et les miens, les nuits sans fin, les allers retours dans le couloir, le manque de sommeil, les siestes en accordéon et pour tenir le cap, les fossettes au creux de tes joues et tes sourires envoûtants.

Tu m'as faite maman. Je pensais tout t'apprendre et tu m'as tout appris. Tu m'as appris le doute, la patience et l'exaspération, la fatigue, l'épuisement, l'amour intense, le dépassement de soi. Tu m'as appris qu'avec toi, rien n'est facile mais que tout est beau. Tu m'as fait pleurer, tu m'as rendue folle. De fatigue, d'amour, de bonheur.

Mon petit garçon inquiet et nerveux qui n'aimait pas dormir. Qui n'aimait pas le bruit. Qui n'aimait pas l'école.

Je sais que le chemin sera encore tortueux.  Mais je sais que tu y arriveras.


ll y a quelques semaines tu as soufflé tes bougies. Tu avais commandé pour la journée de tes cinq ans un tour de train à vapeur, des chips et des saucisses et pour le dessert un gâteau chantier. Tu n'as rien mangé, tu t'es contenté de savourer.

Il faisait chaud et tu ne portais qu'un short de pyjama. C'était un beau soir d'été et on n'était pas pressé. J'ai vu ton sourire, ton plaisir, ton bonheur.

Je te souhaite pour tes cinq ans des dizaines de copains et des tours de trains. Je te souhaite des glaces du bonheur et des festins de rois. Des aurores boréales, des voyages au pays imaginaire, des combats victorieux contre Capitaine Crochet. Je te souhaite d'être qui tu veux. Un explorateur, un astronaute, un paléontologue, un chevalier, un pompier, un chef de chantier et un super héros. Je te souhaite des étoiles filantes, une excursion à Londres, une visite à Big Ben, un détour en Alaska, une promenade en iceberg, des vols en avion, des barbecues et du sirop de grenadine.



Bonne rentrée et belle cinquième année mon Trognon d'Alsace !

mercredi 26 août 2015

A mes 30 ans !

 Voilà, ça y est. J'y suis, j'ai atteint l'âge où l'on fait des crises de dizaines. La crise de la trentaine avant la quarantaine et toutes les taines qui suivent.  30 ans, l'âge de raison après la folle jeunesse des vingt ans. Le prêt immobilier, les enfants, le jardin et les nuits en formule 1 parce quand même, il y a trop de bruit en auberge de jeunesse.

30 ans et le premier regard dans le rétroviseur, les kilomètres au compteur, une route sur laquelle on ne peut plus si facilement bifurquer. Les premiers cheveux blancs, cachés et esseulés, mais blancs, tout de même. Blancs, putain.

30 ans et des souvenirs vintage, des trucs que les plus jeunes n'ont pas connu, des noms de bars qui n'existent plus, des photos d'enfance cornées, des visages oubliés, des copains d'avant dont on se demande ce qu'ils sont devenus.

Je ne savais pas vraiment comment j'allais négocier le virage, moi la nostalgique mélancolique pathétique. Je m'étais dis que ça allait sûrement me mettre une belle claque dans la tronche. J'ai repensé aux soirées endiablées des années étudiantes, aux erreurs accumulées, aux délires obsolètes, aux excès du passé, aux fous rires partagés.

Que penserait de moi la fille de mes 20 ans, celle qui ne voulait pas d'enfants, pas d'attaches, sauver le monde et prendre plus d'avions que de respirations.

Et puis je me suis dis que je m'en foutais parce que je l'aime bien ma vie de maintenant. Mon Cromagnon, mes trois enfants et mon manque de temps, mes tasses de thé et mon petit rosé des soirs d'été.

J'ai 30 ans et des amitiés tenaces, sincères, celles qui ont traversées les années et qui connaissent les routes cabossées que j'ai parfois emprunté. J'ai 30 ans, des souvenirs secrets, des moments oubliés dont j'aimerais me rappeler et des souvenirs que je préférerais oublier mais qui restent là et tant pis, ils font de moi ce que je suis aujourd'hui.

J'ai 30 ans et rien ne s'est passé comme je l'avais imaginé.

A 10 ans, je voulais devenir fermière et adopter des enfants à la D.A.S.S avec mon amie d'enfance.

A 20 ans, je voulais devenir reporter de guerre, journaliste, humanitaire.

A 30 ans, je ne souhaite rien, j'ai déjà tout.

Un Cromagnon comme fil d'Arianne, trois enfants et de belles personnes aux quatre coins cardinaux de ma folle boussole. Des rêves plein la tête et des gens avec qui les réaliser.

J'ai 30 ans et je m'en fous, j'ai l'éternité des dix prochaines années à mes pieds.




dimanche 12 juillet 2015

2 ans

Je regarde cette vidéo de toi, ton rire sur le tractopelle en plastique jaune, ton frère qui te pousse, tes mains cramponnées sur le volant et ton air décidé.

2 ans déjà ma princesse gitane, ma petite fille, ma pollypocket, my WILD girl.




Je me souviens de ton arrivée, de ta douceur, de nos premiers câlins. Je me souviens que tu pleurais si peu et que tu dormais tant. Je me souviens des tes mains fripées, de tes jambes brindilles, de tes cheveux courts et tes lèvres ourlées de gouttes de lait.

2 ans

Je me souviens de nos inquiétudes, je me souviens de ta blancheur, de la courbe de ta croissance qui prenait des allures de crash boursier. Je me souviens des prises de sang et des échographies. Je me souviens de tes siestes trop longues et de nos interrogations. Il me reste encore ces images de toi qui pleure sur le tapis du kiné et de ces pas que tu ne fais pas. Hier encore, l'absence de tes mots et toutes ces choses que tu n'entendais pas.

2 ans

Ta vie qui n'est pas comme un long fleuve tranquille et pourtant, te voilà, en pleine santé, cramponnée sur le tractopelle de ton frère avec tes pieds qui ne touchent pas le sol, lancée à pleine allure dans un looping infernal et tes yeux gris qui sourient.

Tu as laissé derrière toi, derrière nous tous ces cailloux dans tes chaussures et je suis fière de voir comme tu as grandi malgré tout, le chemin parcouru. J'assiste stupéfaite à la construction de ta personnalité. Ton caractère déjà légendaire, cet entêtement et l'obstination de ta volonté, ma petite dame de fer à moi.

Je te regarde passer sur tes poignets des dizaines de bracelets, te promener torse nu parce que tu as décidée de ne plus mettre de "keurts", porter tes lunettes dans la pénombre de la maison et refuser d'enlever ta couronne au moment d'aller au bain. Je ris quand tu réclames "encore" et "encore". Je me fâche quand tu ne veux plus porter que le débardeur avec une glace "imprimée" sur le tissu, quand tu repousses ton assiette que tu as à peine touché d'un petit "non" dédaigneux. Je souris quand tu refuses de l'aide et quand tu te hisses sur la pointe des pieds. Je te punis quand tu laisses la trace de tes dents sur le mollet de ton frère, quand tu te jettes par terre parce que j'ai dis non à un troisième carreau de chocolat.

Et puis, soudainement,  ton rire comme une éclaboussure de soleil. Ta tête qui s'incline doucement sur le front de ton tout petit frère, la douceur de tes cheveux, tes "merci ma maman" et ce petit bisou que tu m'envoie quand je quitte ta chambre après t'avoir couchée.

2 ans

Je te souhaite des couronnes en papier, des glaces par milliers, des joues barbouillées de chocolat. Je te souhaite la Liberté de tes deux ans pour toute ta vie.

Joyeux anniversaire ma princesse gitane, ma petite fille, ma pollypocket, my WILD girl.






jeudi 9 juillet 2015

Maboule

Se lever et s'habiller rapidement sans prendre de douche parce qu'elle réclame son biberon et qu'il veut son petit-déjeuner. Faire semblant de ne pas remarque que le soleil s'est à peine levé. Ramasser les miettes par terre, éponger le verre de jus d'orange renversé. Changer une couche. Changer la deuxième. Vider le lave-vaisselle, étendre les bodies lavés. S'énerver parce qu'ils sont déjà en train de se disputer. Rhabiller la poupée et dire que non, on ne peut pas réparer l'appareil à musique qu'ils ont cassé. Allaiter. Affronter les pleurs et les sauts sur le canapé. Sortir un jeu de société et le laisser gagner. Dire non à la télé et proposer la pâte à modeler. Maudire les chiquettes de pâte écrasées sur le carrelage et l'aspirateur récemment passé. Préparer le repas et dire que oui ce midi, on mange des légumes et si ça ne te plaît pas, tu peux quitter la table. Imposer la sieste et capituler. Partir se promener et préparer le goûter. Ramasser des feuilles et jeter des cailloux. S'ennuyer mais ne pas le montrer. Rentrer et préparer le dîner. Faire couler le bain et lui demander trois fois de se déshabiller. La maintenir pendant qu'elle se débat sur la table à langer. Râler parce qu'ils ont vidé la bouteille de shampoing. Les mettre en pyjama et mettre la table. Allaiter et leur demander d'attendre, ils vont pas mourir de faim là tout de suite. Apparemment si.  Servir le repas et manger froid. Un dernier jeu et puis l'histoire du soir. Encore une page et le câlin car maman est fatiguée.

Et puis, enfin...le calme. Le temps pour soi...Attendu toute la journée.

Se faire couler un bain.

Et bouquiner un livre sur la parentalité...

Mais qu'est-ce qui cloche chez moi ?!!!!! 

dimanche 28 juin 2015

Sortir de sa zone de confort

Vous l'aurez sans doute remarqué, (ou pas !), mais je ne publie plus aussi souvent. Non pas que l'envie d'écrire ne soit plus là ni que je manque d'idées (mais siiiii ! Ma vie est totalement PALPITANTE !) mais... je n'ai plus le temps. Sans rire. On pourrait croire que cela est dû au fait que je gère 3 gnomes entre 0 et 5 ans à plein temps et ça ferait déjà une bonne raison. Mais non ! Le vrai du vrai, ce qui bouffe mes derniers points de vie avant de faire game over dans mon lit (et ne rien y voir de sexy),  c'est plutôt le fait que dans un mois et demi arghhhhh un mois et 3 jours, on DE-ME-NA-GE...

Voilà, il y a des fois où tout semble trop simple et où on aime bien se rajouter une petite louche. Donc, quelques dizaines de jours avant la naissance de Trognon et alors que je n'étais probablement plus dotée de toutes mes neurones, nous avons pris LA décision de déménager. Pas à l'autre bout du monde hein, mais quand même, à 570 km de chez nous.

Je pense avec le recul, qu'au moment de prendre cette décision, je subissais probablement une inondation de liquide amniotique jusque dans mon cerveau et que j'étais complètement court-circuitée des méninges. En revanche, Cromâgnon, lui n'a AUCUNE excuse !

Bref, après moult hésitations, colonnes de + et colonnes de -,  colonnes de "ça craint" et de "c'est trop bien", après des nuits passées à en discuter (oui parce que la journée on avait déjà 2 enfants...), nous avons pris conjointement la décision de... sortir de notre zone de confort.

Nous allons partir dans une région que nous ne connaissons quasiment pas et dont tout ce que je savais jusqu'à il y a peu, c'est qu'il y fait froid mais qu'il y a de jolis marchés de Noël. On est bien d'accord, ça fait un peu short pour décider d'y vivre... Et pourtant...


Vous l'aurez sans doute reconnu, nous partons vivre dans LE FAR EAST !!!!!

Oui, ça en jette un peu moins que le Far West américain, mais quand même quoi, tout de suite, ça fait super aventurier non ?

L'aventure au bout de la rue...! (si si !)

L'Alsace (à prononcer avec l'accent), nous ouvre donc ses bras et depuis 2 mois, nous préparons notre nouveau départ.

Pour ne rien vous cacher, nous allons habiter dans Haut-Rhin qui est en bas (j'ai mis longtemps à comprendre), dans un village qui se termine par "SHEIM"... Je vous laisse chercher !

On est plutôt contents. D'abord parce qu'on l'a voulu, ensuite parce que c'est assez excitant de découvrir une nouvelle région, de se projeter sur quelque chose de nouveau, de changer de vie et pas seulement de canapé.


Mais dans la vie réelle, celle où les bébés pleurent et les enfants crient,  tout n'est pas youplala !

Parce que sortir de sa zone de confort, en vrai, ça fait flipper.

Sortir de sa zone de confort, c'est prendre des risques financiers. C'est quitter définitivement son job (moi), en commencer un nouveau (Cromagnon) en pleine période de chômagite aigüe.  C'est tenter de vendre sa maison moins chère que ce que nous l'avons achetée et ce après 5 ans de travaux.



C'est dire au revoir à mes copines, aux collègues, aux copains du rugby pour Cromagnon. C'est quitter Super Nounou qui s'occupe de mes enfants depuis 5 ans et à qui ils sont attachés comme un membre de la famille. C'est ne plus confier Trognon à une équipe scolaire en qui nous avions toute confiance et qui l'avait fait tellement progressé. C'est faire une croix sur les places en crèche (accueil occasionnel) que j'avais obtenu pour Cracotte et Numéro3.

Ça n'a l'air de rien mais c'est aussi quitter tous nos repères, nos petites habitudes qui jalonnent notre  quotidien : la boulangerie où on sait que le pain est bon, le vendeur de fruits et légumes sur le marché le dimanche matin qui donne toujours un abricot aux enfants, les voisins qu'on salue le matin, les parents des enfants qu'on croise à l'école, le petit parc à côté de la maison où Cracotte a fait sa première descente de toboggan seule, ...

C'est quitter aussi notre maison dans laquelle nous avons mis tellement d'énergie et tant de "nous". C'est quitter le confort et l'espace pour du plus petit, c'est abandonner les chambres des enfants que nous avions soigneusement aménagé et décoré pour eux.

Partir, c'est un peu tourner la page à toutes ces premières fois que nous avons vécu ici, tous ces souvenirs accrochés dans le paysage de notre quotidien. Les premiers pas, la première rentrée à l'école, ma première fois comme maman, la naissance de mes trois enfants, les chocolats de Pâques dans le jardin, la balançoire sur le cerisier, les haies mal taillées.

Sortir de sa zone de confort, ça fait peur, et ça fait mal aussi. Ça nous a fait mal quand nous avons vu le visage de Trognon se décomposer quand nous lui avons annoncé. Ça nous a fait mal de le voir pleurer sans s'arrêter et de ne pas pouvoir le consoler.   Ça nous a fait mal de l'entendre hoqueter "mais je l'aime moi ma maison". Ça me fait mal quand je le vois assis près du cerisier qu'il ne veut pas quitter.



Sortir de sa zone de confort, c'est douter. Est-ce que nous faisons le bon choix ? Est-ce qu'on est pas en train de se planter ? Comment on  va faire si on arrive pas à vendre la maison ?  Est ce qu'on va se plaire là bas ? Est-ce que Trognon va s'y faire ? Est-ce que ça va passer financièrement ? Est-ce que c'est le bon moment ? Est-ce qu'on est pas en train de faire une belle connerie ?

Mais voilà, c'est comme ça, et si c'était facile, ça se saurait. Pour nous, c'est très important de ne pas rester assis sur le canapé à regarder notre vie défiler. On est peut-être en train de se planter, il y aura peut-être des regrets. Je ne crois pas qu'il y ait d'alternatives, pour une vie un peu pimentée, il faut avancer et se laisser griser par des nouveaux challenges et des découvertes. Ça fera peut-être marrer mes copines qui sont parties à l'autre bout de la planète, seules ou en famille, en changeant au passage de voie professionnelle (vous vous reconnaîtrez hein !) et que j'admire beaucoup pour leur courage et leur obstination à ne pas choisir le chemin le plus facile pour rester fidèles à qui elles sont vraiment et pour vivre avec un grand V. J'ai bien conscience que le Far East, c'est pas si dépaysant que ça (quoi que... vous avez déjà entendu l'accent ?!! ;-) Mais pour nous, à peine trois mois après l'arrivée de Numéro 3 dans nos vies, c'est beaucoup. Et pour Trognon, qui avait toute sa vie ici. C'est beaucoup.

Vous pourrez donc bientôt suivre les aventures de la Babyoles Family dans le Far East. Des traditions, des lieux, des paysages, une gastronomie que nous avons hâte de découvrir. L'Alsace me semble être une belle région à découvrir et j'y consacrerais sûrement une rubrique spéciale "on a testé !" ici ou ailleurs...!

A suivre donc...


(je retourne à mes cartons)... (ou pas).




mardi 23 juin 2015

Mon cher gynéco,

Je le sais bien, des intérieurs de femme, tu en vois à la pelle. J'imagine sans problème que de mesurer l'ouverture d'un col de l'utérus, c'est un peu pour toi comme appuyer sur le bouton de la machine à café : c'est automatique, tu l'as fais des millions de fois, même pas besoin de se concentrer. Je comprend bien que tu saisis ton spéculum comme moi je sors un stylo bille et que tu as dû faire dans ta vie plus de frottis que de cours de psychologie.

 crédit photo: obpmedical.com

Mais bon quand même... Tu crois pas que tu pourrais faire un petit effort ?

Je te paye des dépassements d'honoraires pour des petits quart d'heure de consultation et je crois que ce qui me prend le plus de temps à chaque fois, c'est de refaire mes lacets et de signer ton chèque.

Alors ça mérite un peu de considération non ? Le petit "plus" humain qui aurait pu me donner l'impression pendant toute cette grossesse que je n'étais pas, dans ton cabinet propret, juste un ventre et un vagin.

DEA PICTURE LIBRARY / DE AGOSTINI EDITORIAL

Non,  je ne me suis pas habituée à me déshabiller devant des inconnus tous les trois matins et à exposer mon intimité comme si c'était journée porte ouverte et surtout "faites comme chez vous". J'ai un peu de pudeur quand même, mais peut-être que tu trouves ça démodé.

Non, je n'ai pas apprécié d'avoir l'impression d'être à la  pesée du cochon le dimanche au marché quand à chaque rendez-vous tu as commenté ma prise de poids, distribuant les bons et les mauvais points. Je te remercie vraiment, mais je ne suis pas un morceau de jambon.

Non je n'ai pas apprécié quand tu m'as dis négligemment "tiens, elle y était pas cette vergeture la dernière fois". Oui merci, j'avais remarqué que mon ventre était en train de se fissurer pire qu'un tremblement de terre à Kobé. La prochaine fois, essaye d'ouvrir le dictionnaire à la page "diplomatie", ça te fera réviser les notions de base.

Non, je n'ai pas aimé que tu me déclares "je ne fais pas pédiatrie" quand je suis venue à la consultation post grossesse avec Cracotte et Numéro 3. Parce que oui, je t'assures, moi non plus ça me plaisait pas d'abandonner Cracotte sur ton fauteuil en cuir pendant que tu m'auscultais et que Numéro 3 pleurait. Je t'assures, j'aurais bien aimé avoir un moyen de garde, mais tu vois, en vrai, je ne suis pas juste un vagin et un ventre, j'ai une vie et des enfants aussi.

Non, je n'ai pas compris pourquoi tu as dis à ta secrétaire : "vous vous rendez compte, elle a 3 enfants ! 3 enfants ! Je ne sais pas comment elle fait, moi je ne pourrais pas !". Parce que vraiment, je suis juste normale et à mon avis, des patientes avec 3 enfants, t'as du croiser un paquet quand même...

Mon cher gynéco, il paraît que tu es réputé pour ne pas être agréable. Des gens pas agréables, on en rencontre partout. Des caissières, des profs, des commerçants, des flics, la nana à l'entrée de la piscine ou la mamie sur le passage piéton... Personnellement je n'apprécie pas, mais après tout, la plupart du temps, je passe dessus. Mais toi tu vois, j'aimerais vraiment que tu descendes de tes étriers (hou hou !) et que tu te dises "merci, s'il-vous-plaît" , ce genre de trucs qu'on appelle la politesse...Parce que justement, t'es pas la nana des vestiaires à la piscine et que ce qu'il y a sous mes vêtements, ça s'appelle mon intimité et j'estime que tu lui dois le respect.

Voilà mon chez gynéco, à raison de 60 € le quart d'heure, je ne te dérange pas plus longtemps, mais la prochaine fois, avant de t'ingurgiter le Vidal section gynécologie, pousse ta curiosité jusqu'au chapitre "psychologie".

Signé : le "vagin" de la consultation de 10h30.

vendredi 12 juin 2015

Bande annonce violente et dessin animé

Ou "comment mon fils de 4 ans et demi a vu la bande annonce d'Enfant 44"

Ça date un peu (de l'époque où je pouvais aller au ciné !) mais j'y tenais à ce coup de gueule...

Il y a quelques temps, je suis allée voir avec Trognon le film "Shaun le Mouton". "Shaun le Mouton" pour ceux qui ne connaissent pas, c'est l'histoire d'un mouton (logique) qui s'appelle Shaun (super intéressant).  Pour résumer sans vous dévoiler toute l'intrigue (taddaaaaaa), un fermier se retrouve accidentellement perdu en ville et oublie qu'il est fermier. Shawn et ses potes mouton vont alors tout faire pour le retrouver et lui remettre les idées en place. C'est réalisé en pâte à modeler, c'est très meugnon, sans parole (ou plutôt si, mais on dirait Cracotte qui parle), et c'est bourré de gags du type la bouse qui tombe sur la tête du fermier ou les batailles rangées entre cochons et moutons et ça fait bien marrer Trognon.

Ici, on adore les épisodes qui passent à la télé et on a bien aimé le film. Si vous êtes curieux, vous pouvez voir la bande annonce ici.

Mais ça n'est pas de ça que je voulais vous parler... Bon alors pourquoi elle nous soûle avec son mouton vous dites-vous ?

En fait, c'est plutôt un gros coup de gueule que je voulais passer. On a toujours fais attention avec Trognon au niveau de violence des images qu'il pouvait être amené à visionner. Par exemple, pendant longtemps, nous avons squizzé la scène où Mufassa se fait tuer par Scar dans le Roi Lion. Oui, bon, c'est sûr, du coup l'histoire perd un peu de son sens. Et surtout, c'est devenu par la suite le passage préféré de Trognon... C'était pas forcément l'idée du siècle du coup... (transformes ton fils en psychopathe en 2 petites leçons !). Nous n'allumons jamais les infos à la télé quand il est dans les parages (sauf si il est 13h et que Jean-Pierre Pernault maintient la France dans un suspens insoutenable autour de la cueillette de champignons en Corrèze). On baisse le son de la télé quand Ned Stark se fait couper la tête dans Game of Thrones et qu'on a un doute sur le sommeil de Trognon couché dans sa chambre. Bref, on est vigilant quoi...

Donc, quand je choisis d'emmener Trognon au cinéma, je choisis un dessin animé ADAPTE... On a déjà été voir La Reine des Neiges (j'ai dis adapté hein, pas cool), Rio ou Paddington... Je ne dis pas que moi je m'éclate 100% du temps, mais bon, c'est toujours à peu près mignon, ça fait un peu peur mais pas trop et les gentils gagnent à la fin.

Pour faire bref, quand j'emmène Trognon au cinéma, je n'ai pas du tout l'intention de lui montrer ça...




Ça, ce sont des images issues de la bande annonce du thriller "Enfant 44". Vous en avez peut-être entendu parler, Enfant 44, c'est la mignonne petite histoire de la traque d'un tueur en série d'enfants (44 en tout) à travers l'URSS des années 50. Comme le CNC fait à peu près bien son boulot, le film est interdit aux enfants de moins de 12 ans...


mercredi 10 juin 2015

# Mêmepaspeur 10

Ces choses un peu débiles qu'on fait avec des enfants !




Installer une tente d'indien en plein milieu du salon...!

(je précise quand même que la phot date un peu... En ce moment, c'est plutôt un chantier qu'on installe au milieu du salon !)

mercredi 3 juin 2015

Il a eu un mois

 J'avais prévu d'écrire un article à cette occasion et puis la journée à filé et le soir aussi et pour finir, j'étais trop fatiguée et entre écrire ou dormir, il faut choisir. J'ai choisi et je me suis dis : on verra demain, je ne suis pas à un jour près. Mais demain a filé sur le même rythme. Et le jour d'après aussi. Bref, Numéro 3 a eu un mois il y a 4 5 6 7 jours.

Je pourrais écrire à quel point c'est beau de voir ce tout petit bonhomme grandir, comme on est heureux tous les cinq, comme chaque instant est précieux, comme ma vie est belle.


Ça serait totalement vrai. Mais totalement incomplet.

Comme je n'ai plus le temps, que j'ai ouvert ce point doc des dizaines de fois sans pouvoir aligner plus de trois mots et que j'ai le cerveau embrouillé par la liste de courses à valider, le linge à plier et les papiers à trier, je vous offre une belle liste à puces :

Un mois avec lui, un mois avec eux 3, un mois à 5, c'était ça :

- Des nuits hachées et du sommeil à récupérer
- Des kilos de lessives, des touts petits bodys, des pantalons troués, des chaussettes dépareillées
- Des rendez-vous qui se bousculent sur le calendrier du frigo
- Des crises de jalousie, des crises de nerf, des punitions et de la tension
- Des câlins du matin et des grasses matinées
- Des insomnies, des pipi au lit, des heures de ménage
- L'ami Picard devenu le sponsor officiel de la Babyole family
- Un anniversaire, un moisiversaire, une fête des mères
- Une opération, de nouvelle oreilles et des dizaines de bracelets
- Une nouvelle maison trouvée, des soucis et du temps passé à discuter, réfléchir, se projeter, décider
- Des disputes, des mots méchants, de la colère et du regret, des réconciliations
- Du géocaching, des ceintures de siège auto à boucler et déboucler et reboucler, des "dépêche-toi on est en retard"
- Ses yeux qui nous suivent, son cri quand il a faim
- Des virées au supermarché, des listes oubliées, des pots de Nutella et des pommes bio
- Des tonnes de couches changées, des poubelles qui débordent
- Des centaines de "il est là bébé", des câlins brusques et des bisous mouillés
- 6 cm et une courbe de croissance qui grimpe plus vite que le cours de la bourse
- Des tétines perdues, 10 de retrouvées
- Des smoothies, des pizzas, des smarties, des fraises et des framboises trop chères
- Des promenades, des bâtons et des poches pleines de cailloux


- Ses mains qui nous agrippent, ses premiers habits trop petits
- Des déjeuners avec du pain frais, du "Mutella" et de la confiture "fraises à la barbe"
- Trois cousins et deux cousines, des taties et des tontons, des papis et des mamies, une maison qui vit à 100 à l'heure et c'est tant mieux
- Des siestes, des moments calmes, de la flémingite aigüe et c'est tant mieux aussi,
- Des cartes, des petits mots, des sms et des cadeaux de bienvenue tout doux
-Des verres renversés, des dizaines de "je compte jusqu'à trois" et de "c'est l'heure de dormir"
- De la balançoire, des cheveux qui volent, des miettes de gâteaux, des bagarres sur le toboggan


- Des personnes que je dois rappeler depuis un jour, un mois, une éternité, des messages auxquels je n'ai pas répondu, des courriers à envoyer
- Des sorties d'écoles, des bouquets de pissenlit, des "c'est moi qui pousse la poussette"

Et puis surtout, son premier sourire, celui dont je suis sûre, celui qu'il m'a renvoyé avec ses yeux plissés et des fossettes au creux de ses joues.

Voilà, mon petit numéro 3, mon bébé zen, mon tout dernier, c'est tout cela ton premier mois. Tu grandis dans le tourbillon familial et te fonds dans le décor comme si tu avais toujours été là.


Joyeux 1er moisiversaire en retard !

samedi 23 mai 2015

Trois enfants à plein temps

 1er test grandeur nature : le matin


Les 20 premiers jours après la naissance de Numéro 3*, j'ai eu la chance d'être bien entourée. Cromagnon a posé des congés, la famille était présente, le soleil au rendez-vous avec apéros/repas dehors. Des grasses mat tous les jours (oui, Numéro 3 dort le matin !) (voilà, maintenant tous les parents de nains insomniaques me détestent)... Bref, on était... à la COOL !

Puis Trognon est retourné à l'école, Cromagnon au boulot, Cracotte chez la nounou (derniers jours) et la vraie vie a commencé ! Ajoutez à cela un déménagement dans deux mois (j'y reviendrais), une maison qui doit rester propre et rangée pour les visites immobilières et vous aurez une idée du package...!

Le premier test grandeur nature "j'ai trois enfants et je gère (ou pas)", je l'ai fait lundi matin avec l'épreuve qualificative suivante :

"Emmener seule Trognon à l'école avec Cracotte et Numéro 3"

Parce que je suis sûre que vous mourrez d'envie de savoir comment je m'en suis sortie, je vous dit tout en détails, minutes par minutes ! Voilà à quoi cela ressemble :

7h : Allaiter Numéro 3.

7h20 : Prendre une douche et s'habiller.

7h30 :  Réveiller Trognon qui ne veut pas se lever, pas s'habiller, pas aller à l'école. Original et varié. Menacer. L'habiller.

7H45 : Préparer le petit déjeuner de Trognon. Lui demander 3 fois de choisir entre tartine à la confiture de fraises ou tartine à la confiture d'abricot. Décider à sa place. Etaler la confiture de fraises et l'entendre dire : "mais en fait je voudrais des céréales". Se retenir de lui verser le paquet de céréales sur la tête et lui suggérer de manger sa tartine rapidos. Entre temps, remonter 50 fois voir Numéro 3 qui a du mal à digérer et qui pleure.

8H : Avaler à la vitesse TGV une demi-tartine, un chocolat chaud froid et les restes tout gluants de miel pops que Trognon a à peine touché.

8H05 : Coller Trognon devant un dessin animé (oui je sais, les écrans, c'est pas bon..., tout ça tout ça... mais question de survie parentale, c'est bien pratique, croyez moi...).

8H10 : Après avoir rangé la table du petit-déj, aller chercher Cracotte qui braille depuis son lit à barreaux et l'habiller.

8H20 : Eteindre la télé et demander à Trognon de mettre ses chaussures et son manteau. Lui demander 3 fois.

8H21 : Enfiler à Cracotte, chaussures et manteau, emballer Numéro 3 dans 10 couvertures et l'installer dans le tank-poussette.

8H28 : Fermer la fermeture éclair de Trognon et remarquer qu'il a mis ses baskets à l'envers mais ne rien dire parce que de toute façon, on est presque en retard...

8H30 : Mettre mon manteau, mes chaussures. Se rappeler que le cahier de liaison n'est pas signé et qu'il faut rendre le livre de la bibliothèque. Signer le cahier et décider de faire semblant d'avoir oublié pour le livre de la bibliothèque parce qu'il est planqué quelque part dans la chambre de Trognon et qu'on est presque en retard.

8H33 : Passer le sling (vous avez bien lu : le sLing, pas le string... à 20 jours de l'accouchement, je n'en suis pas encore vraiment là niveau séduction !). Pour les incultes de la puériculture, le sling c'est l'écharpe magique qui se passe en 2 secondes pour porter les enfants sur la hanche. Cassage de dos garanti mais pour des trajets courts, c'est pratique et rapide. Y glisser Cracotte qui se débat dans tous les sens. Maudire ses chaussures qui se coincent dans le tissu.

8h35 : Tenter d'ajuster le tissu sur l'épaule et puis se dire qu'on  est presque en retard et que de toute façon, ça n'est pas pour longtemps.

8H36 : Let's go...! (cherchez les clés de la porte d'entrée).

8H37 :  Se dire qu'ils sont mignons quand même tous les 3 et faire une photo avec le sourire...


8H38 : Se rappeler qu'on est presque en retard et arrêter de faire des photos.

8H39 : Demander à Trognon de me laisser pousser la tank toute seule, parce que "c'est déjà assez compliqué d'avoir ta sœur qui ballote sur ma hanche gauche pour pas avoir un poids mort qui tire sur la poussette à droite...". (en plus, on est presque en retard).

8h41 :  Arriver à l'école dans les temps (on est presque pas en retard en fait), m'attacher les cheveux vite fait pour me composer une tête potable et se la jouer  "je maîtrise"... Laisser toutes les mamans, les instits, le personnel scolaire admirer le bout de nez de Numéro 3 qui dépasse des couvertures et assurer d'un ton dégagé et supeeeeer cool "oui ca va, ca se passe bien !".

8H43 : Aide Trognon à enlever ses baskets à l'envers et à mettre ses chaussons trop petits puis l'expédier en classe avec pleins de bisous...

8H45 : Repartir en sens inverse.

8H50 : Arriver à la maison. Désosser le tank pour rentrer la nacelle dans la maison.  Enlever à Cracotte son manteau et aller lui faire chauffer son biberon. Oui, si vous avez bien suivi, elle a toujours le ventre vide.

9H05. Remettre son manteau à Cracotte et aller l'installer dans la voiture en se contorsionnant parce que son siège auto est celui du milieu.

9H07. Extraire Numéro 3 de son sommeil et de la nacelle pour le placer dans son siège auto dans la voiture.

9H15 : Après avoir été chercher la poupée oubliée de Cracotte, son doudou et sa tétine et son repas du midi et avoir rajouté une couverture à Numéro 3, démarrer, direction chez la nounou.

9H25 : Déposer rapidement Cracotte qui pleure parce qu'en fait, elle a changé d'avis et n'a plus envie d'aller chez la nounou. Se dépêcher quand même parce que Numéro 3 commence à s'agiter sévère dans son cosy rapport au fait qu'il a un peu la dalle... (quoi déjà ?!).

9H40 : De retour à la maison, extraire Numéro 3 du siège auto et un sein du soutien-gorge allaitement anti-sexy pour nourrir l'affamé.

10H00 : Ranger le matériel et donner son bain à Numéro 3.

10H30 : Regarder Numéro 3 qui s'est endormi et le trouver trop mignon.

Penser aux lessives à faire tourner, aux rendez-vous à prendre, au ménage à faire, au repas à préparer et se dire aussi : "quoi ? déjà 10h30 ?!".

Avoir l'impression d'avoir réussi une épreuve d'immunité à Koh Lanta. Puis se dire qu'il va falloir recommencer demain. Et après-demain aussi. Et tous les jours en fait.

 Avoir envie de se cacher sous les draps à la façon Bénabar.

 Et puis avoir le cœur qui tambourine quand même parce que la course contre la montre matinale n'empêche pas de remarquer le bisou de Trognon à son petit frère avant de rentrer en classe, d'entendre la petite voix de Cracotte qui répète ravie depuis son siège auto "bébé il est là !"  ou de croiser le regard attentif de mon tout petit pendant qu'il se détend dans l'eau chaude du bain.


*Non, Numéro 3 ne va pas s'appeler Numéro 3 ad vitam eternam, je vais lui choisir un petit nom bloguesque à lui aussi, mais j'attend de le connaître un peu plus...

jeudi 14 mai 2015

Elle a marché sur la Lune

Bon, OK, elle a marché tout court en fait. Mais on l'attendait depuis tellement longtemps que quand Cracotte a fait ses premiers pas, c'était un peu l'événement.

Cracotte a un caractère... particulier (c'est ce qu'on dit d'un enfant chiant quand on veut avoir l'air poli).  Au quotidien, elle est plutôt facile à vivre : elle dort bien (enfin jusqu'à la naissance de son petit frère, mais j'y reviendrais), elle s'occupe pas mal toute seule pour son âge, elle est volontaire. Mais voilà, elle est MEGA têtue. Tous les enfants sont plus ou moins têtus, du genre à s'évertuer à faire rentrer la forme carrée dans la forme ronde alors que ça passe pas. Ça fait partie du package on va dire. (Oui, je m'autorise à faire des généralités maintenant que j'en ai trois).

 Mais Cracotte est un cran au-dessus. Si si, je vous assure.

A 9 mois, elle refusait toujours d'avaler la moindre cuillère de nourriture solide. Le contact entre sa bouche et la cuillère de carottes ou de compote de pommes provoquait invariablement des haut-le-cœur ou des vomissements. Oui, c'était très sympa... On a commencé à s'inquiéter. A se demander si elle avait des problèmes de déglutition. Et puis soudainement, à 9 mois et demi, elle s'est mise à manger. Non, pas à manger. A dévorer. Comme si elle avait toujours attendu ça. Et à refuser le biberon du soir par la même occasion.  Puis très vite, elle a commencé à zieuter ce qu'il y avait dans l'assiette de son frère et à nous envoyer balader avec nos petits pots. Puis, il n'a plus été question de la faire manger. Même si la moitié de l'assiette finissait par terre, miss Têtue voulait manger seule.

On ne s'est donc pas alarmé quand on s'est aperçu que Cracotte n'avait visiblement pas l'intention de passer par le 4 pattes. Elle est donc devenue notre Miss Cul-de-Jatte 2014/2015. Au début, ça nous a fait rire. Les mois ont passé.

14 mois, l'âge où son frère a commencé à marcher. On ne compare pas hein...Deux enfants, deux développement différents.

18 mois... L'âge moyen fourchette haute de la marche dans les bouquins de puériculture. (mais qui écrit ces bouquins sérieusement ?!) (mais qui lit ces bouquins en fait ?!=) (Ok, moi) (j'ai un bouquin "j'élève mon enfant de 0 à 3 ans" à vendre, ça intéresse quelqu'un ?!).

 Bref,  Miss Cul de Jatte ne daigne toujours pas se dresser sur ses pattes, mais après tout, elle est très débrouillarde et autonome, alors pourquoi la pousser ?

Les mois s'enchaînent,

19.  On tente sur l'avis du pédiatre des séances de kiné. Echec et mat. Le kiné finit chaque séance en sueur, Cracotte commence à le mordre et on interrompt les séances avant qu'il ne me demande de lui injecter un sérum antirabique.

20.

21. On se fait à l'idée. Cracotte ne marchera pas à la naissance de numéro 3. Va falloir s'organiser. On nous prévient même : vu son stade de développement, elle ne marchera probablement pas avant ses deux ans. OK. Tout va bien, elle est juste un peu plus lente que la moyenne. Mais quand même... On a l'impression qu'elle pourrait. Les médecins sont formels, rien ne l'en empêche. Il faut se rendre à l'évidence. Elle n'en a juste pas envie. Il y a bien quelques pas, entre deux bras, ponctués de fous rires. Il y a peu à peu la marche en donnant la main. On sent qu'elle y est presque. Mais non.
Et puis il y a la naissance de numéro 3. Et là, au moment le plus improbable, à l'endroit le plus improbable, Cracotte s'élance dans le salon d'allaitement de la maternité (!) entre sa mamie et moi. Des pas plus sûrs, on sent que quelque chose s'est enclenché. 

Trois jours plus tard, c'est un fait, alors que je suis rentrée à la maison avec Numéro 3, Cracotte marche.

Elle a 22 mois. 

Elle tangue, elle a les jambes couvertes de bleus, la démarche en canard. Mais elle marche. Comme si elle avait fait ça toute sa vie... Ou presque ! Sur la même lancée, elle monte et descend les escaliers.

La contrepartie : elle refuse de faire la sieste, elle qui avait toujours été une grosse dormeuse. Mais bon, tout se paye non ?!

Une chose est sûre : avec sa couronne sur la tête, ses multiples bracelets et ses lunettes de soleil de travers, Cracotte a réussi une fois de plus à rester la star de la famille... 

Je pense que pour l'apprentissage de la propreté, on attendra qu'elle ait 15 ans avant de lui proposer le pot et qu'on profitera d'un match de la coupe du monde de foot pour demander une olz du stade devant sa première crotte.

[je sais que cet article se termine sur une note moins glamour que le précédent, mais que voulez-vous, Cromagnon m'a dit que je devenais trop "romantique" ! ;-)]

jeudi 7 mai 2015

Il est né


Je pourrais vous raconter les contractions, soudaines, violentes, l'adrénaline et le calme, le départ dans la nuit et les enfants qui dorment. Je pourrais vous raconter la route, le compteur, les kilomètres, les vagues de douleur et les minutes de calme au milieu de la tempête. Je pourrais vous raconter l'arrivée à l'hôpital, les couloirs silencieux plongés dans la pénombre et nos pas dans ce dédale hospitalier. Je pourrais vous raconter la lumière crue de la salle d'accouchement, les blouses blanches, les monitorings, le médical, les sourires, les cris et la douleur encore. Je pourrais vous raconter cette heure où tout bascule, ces 60 minutes qui ne ressembleront à aucune autre dans toute ma vie, ce pont aérien et charnel entre ma vie d'avant et ma vie de maintenant. Je pourrais vous raconter tout cela mais je ne vous aurais rien dit.

Parce que je ne sais pas comment vous dire ce petit corps glissant, sa peau contre la mienne, son souffle et son cri. Les yeux brillants de son papa, la même émotion, intacte, un fils et son père. Je ne saurais écrire ce visage minuscule, ses yeux sombres et plissés, ses poings serrés. Sa présence, immédiate et le temps qui s'arrête. Je voudrais pouvoir me souvenir de chacune de ces secondes, de chacun de ses souffles. Je voudrais tout écrire pour ne rien oublier. Le son de sa respiration, sa bouche humide dans mon cou, la douceur de ses cheveux, les plis de sa peau, la rondeur de sa tête, ses ongles trop longs, l'odeur de son corps. Mais j'ai beau chercher mes mots, fermer les yeux et tenter de me souvenir, je ne sais comment traduire avec de simples lettres et un clavier d'ordinateur toutes ces émotions, ce flux intense d'échange charnel, la fragilité de cet instant si particulier.

Il est né il y a 10 jours. Et il y a eu déjà tant de premières fois.

 La première nuit. Notre sommeil l'un contre l'autre. Le calme après la tempête. Et notre rencontre dans le secret d'une chambre d'hôpital.

Le premier jour. La rencontre avec son frère et sa sœur. Les petites mains de sa sœur qui agrippent les siennes, les sourires intimidés de son frère.  Maladresse, douceur et tendresse. Nous cinq, serrés sur le lit d'hôpital.

Nous cinq.

Quelque chose qui fait sens soudainement. Se sentir une famille. Prononcer son prénom. Et s'y habituer. Devenir maman une nouvelle fois.

Il y a le premier jour à la maison. L'excitation des enfants, les crises de larmes et les câlins, les moments de jalousie. Une place pour chacun, un rythme à composer, une famille à inventer.

Chaque jour qui passe m'éloigne un peu plus de ma grossesse, de sa naissance. Une nostalgie douce et amère et le bonheur aussi, de le voir s'éveiller. Savoir profiter de chaque instant. Me perdre dans son regard attentif, caresser chaque pli de sa peau, écouter son souffle. Le laisser s'endormir contre ma poitrine et ne rien faire d'autre. Contempler mes trois enfants.

S'engager dans cette folle aventure de notre vie à cinq.

Et s'aimer.
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