lundi 23 février 2015

Le paradoxe des vacances


Ces dernières semaines, Trognon était totalement "in-su-ppor-table".  De crises de nerf en colères irraisonnées, il réussissait chaque jour à court-circuiter mon système nerveux en quelques minutes à peine, parfois dès le réveil ou au milieu de la nuit. Quelques heures passées en sa compagnie me laissaient avec un mal de crâne et des courbatures dans les épaules. Non je n'exagère pas. Mais oui, je parle peut-être sous l'emprise du choc post traumatique. (Non, n'appelez pas les urgences, je vais mieux vous dis-je).

caprice

Bref, autant le dire avec honnêteté et quitte à être une #BadMother, j'attendais son départ en vacances chez papi et mamie avec IMPATIENCE ! En fait secrètement, je fantasmais chaque jour sur ce moment où la maison allait retrouver le calme qui lui sied. Je savais qu'il allait arriver cet instant magique où, après l'avoir laissé à la gare, j'allais ouvrir la porte de notre maison avec seulement Cracotte dans les bras et m'affaler sur le tapis avec elle pour jouer aux Ketchup (= les petshops, c'est comme ça qu'on les appelle chez nous) sans subir les cris de leurs disputes fraternelles... Tous les soirs de sa dernière semaine d'école, nous avons compté le nombre de dodos qui le séparait du départ en vacances. Je suis sûre qu'il ne s'est pas rendu compte à quel point, moi aussi, je les comptais ces dodos... Je ne sais pas en revanche s'il a perçu mon agitation fébrile au moment de préparer ses affaires de vacances le jour du départ.

Et puis voilà, le moment tant attendu est arrivé. J'ai emmené le Trognon et sa mamie à la gare pour prendre le train. Et c'est là, sans prévenir, que les premiers symptômes du "Manque" sont apparus... Il s'est subitement transformé en petit garçon trop mignon (le traître), a voulu porter son petit sac à dos violet "quand je serais grand je serais chevalier" et tirer la valise de sa mamie. Il m'a recommandé de faire attention à ne pas dépasser la ligne jaune sur le quai et m'a fait un énorme bisou ainsi qu'à sa sœur... Le coup de grâce qui m'a fait cruellement sentir son absence dès que les portes du train se sont fermées derrière lui et que j'essayais en vain de deviner sa silhouette derrière les vitres crasseuses du TER...

Le piège venait de se refermer sur moi et le Manque à commencer à distiller son venin... Rentrée avec Cracotte, la maison ne me semblait non pas calme mais vide. Je me suis consolée avec une tasse de thé, des biscuits et des bonbons (oui la vie est trop cruelle) en recevant au fur et à mesure des nouvelles de son voyage (merci maman ;-) avec des photos où il avait l'air de plus en plus mignon...

Le weekend s'est déroulé très très calmement avec une Cracotte ravie d'avoir ses deux parents rien que pour elle, des tas de siestes pour tout le monde, du temps pour ne rien faire du tout (mais comment je faisais avant la naissance de Cracotte pour me sentir débordée avec seulement un enfant ?!!!!). C'était chouette... Ça faisait du bien, c'était reposant, agréable, serein... Çà nous a même un peu désorienté tout ce temps libre. Mais, et voilà le grand PARADOXE des vacances, il  m'a terriblement manqué.

C'est bête hein. C'est illogique. C'est irrationnel. Je crois qu'en fait, je suis camée. Shootée, droguée jusqu'à la moelle au Trognon. J'arrête pas les overdoses, je frise l'hypoxie cérébrale plusieurs fois par jour et pourtant, dès que j' essaie de me sevrer, le MANQUE  m'attaque...


vacances-ski
Encore une semaine de désintox. Pour le moment, je me détend, je profite. Mais si mes beaux-parents et ma belle-sœur continuent de m'envoyer des photos de lui en mode "enfant mignon" et si il continue à me raconter ses progrès "skiesques" avec sa petite voix adorable, je vais replonger, je le sens !!!!!! 

On devrait toujours faire  des vidéos de ses enfants en train de faire une colère ou une crise de nerfs. Juste pour les visionner avec délice pendant les vacances !

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