dimanche 12 avril 2015

C'est une fille !

C'est ce qu'on m'a dit le jour de la deuxième échographie. Mais au fond de moi, je le savais déjà. Je l'avais rêvé et j'avais cette certitude irrationnelle chevillée au corps. Autour de moi, tout le monde semblait croire que c'était merveilleux. Que demander de plus. Une fille, après un garçon. Pourtant, cette fille, elle m'a fait peur. Moi la mère, elle la fille. Et une relation à construire. Un lien spécial qui venait bouleverser la fusion entre mon fils et moi, entre mon Cromagnon et moi.

A sa naissance, tout doucement, comme une romance d'été, je suis tombée amoureuse d'elle. Pas comme un coup de foudre mais petit à petit, à la St Exupéry. Surprise puis charmée par sa douceur, son calme, son arrivée tranquille dans notre famille. Ses siestes de koala accrochée à moi, son sourire, sa manière de se lover dans les bras. La confiance jour après jour entre nous deux, la fusion et cette boule d'amour qui grandit et emplit tout. L'évidence enfin et l'amour inconditionnel. Je suis devenue sa mère, elle est devenue ma fille.


On dit beaucoup de choses sur la relation mère fille. On dit comme c'est compliqué, chargé de symboles, de vécu, de passion, de tension et d'incompréhension. On parle d'Oedipe, du père, de la concurrence. Je ne doute pas que cela viendra un jour. Mais on ne dit pas l'essentiel. L'amour, la complicité, le lien si particulier.

Jusqu'à il y a peu, Cracotte était plus un bébé qu'une petite fille. Mais depuis quelques jours, je la vois changer. Elle garde son visage poupon et son petit ventre rond. Elle prend encore son biberon le matin et ne marche toujours pas. Mais je suis chaque jour un peu plus surprise de la voir se transformer en fille. Je ne suis pas très féminine moi même. J'ai sans doute joué aux poupées, aimé le rose ou les princesses mais ça me semble très loin et les souvenirs de mon enfance sont plus liés aux cabanes dans les bois, aux jeux d'indiens dans les champs, aux parties de billes dans la cour de récré. Je n'ai jamais été passionnée par la mode, je ne suis pas gracieuse, je ne sais ni chanter ni danser, j'ai toujours été plus à l'aise sur un terrain de rugby que dans une soirée cocktail.


Alors je suis vraiment ébahie, surprise, et un peu, il faut le dire, subjuguée, quand je vois ma Cracotte devenir cette petite fille décidée. Je souris en observant sa passion pour les couronnes de princesse qu'elle porte presque tous les jours. Je souris quand elle passe autour de son cou le gros collier de perles fabriqué par son frère, installe ses bébés dans sa poussette et les promène dans la maison en s'arrêtant de temps en temps pour caresser leurs têtes. Je souris quand elle me réclame à peine réveillée ses "bébés", quand elle s'enthousiasme au moment où je sors du petit sac de sa commode la barrette du jour pour retenir sa tignasse emmêlée. Je souris quand je la vois passer sa main dans ses cheveux pour dégager ses yeux avec une sorte de grâce intemporelle ou qu'elle repousse le livre que je lui tend d'un "non" un peu dédaigneux. Bien-sûr, elle joue aussi beaucoup avec la grue ou les dinosaures de son frère et elle aime son tigre en plastique presque autant que ses "bébés". Mais c'est pourtant une découverte fascinante pour moi de voir ma minuscule Cracotte se transformer en fille. Ma fille. Rebelle, entière, décidée, sûre d'elle et confiante.

Et moi sa mère qui pensait la guider, je me contente de suivre ses pas.

(Et désolée pour tous ceux qui ont cru que j'annonçais le sexe de numéro 3 !)

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