dimanche 28 juin 2015

Sortir de sa zone de confort

Vous l'aurez sans doute remarqué, (ou pas !), mais je ne publie plus aussi souvent. Non pas que l'envie d'écrire ne soit plus là ni que je manque d'idées (mais siiiii ! Ma vie est totalement PALPITANTE !) mais... je n'ai plus le temps. Sans rire. On pourrait croire que cela est dû au fait que je gère 3 gnomes entre 0 et 5 ans à plein temps et ça ferait déjà une bonne raison. Mais non ! Le vrai du vrai, ce qui bouffe mes derniers points de vie avant de faire game over dans mon lit (et ne rien y voir de sexy),  c'est plutôt le fait que dans un mois et demi arghhhhh un mois et 3 jours, on DE-ME-NA-GE...

Voilà, il y a des fois où tout semble trop simple et où on aime bien se rajouter une petite louche. Donc, quelques dizaines de jours avant la naissance de Trognon et alors que je n'étais probablement plus dotée de toutes mes neurones, nous avons pris LA décision de déménager. Pas à l'autre bout du monde hein, mais quand même, à 570 km de chez nous.

Je pense avec le recul, qu'au moment de prendre cette décision, je subissais probablement une inondation de liquide amniotique jusque dans mon cerveau et que j'étais complètement court-circuitée des méninges. En revanche, Cromâgnon, lui n'a AUCUNE excuse !

Bref, après moult hésitations, colonnes de + et colonnes de -,  colonnes de "ça craint" et de "c'est trop bien", après des nuits passées à en discuter (oui parce que la journée on avait déjà 2 enfants...), nous avons pris conjointement la décision de... sortir de notre zone de confort.

Nous allons partir dans une région que nous ne connaissons quasiment pas et dont tout ce que je savais jusqu'à il y a peu, c'est qu'il y fait froid mais qu'il y a de jolis marchés de Noël. On est bien d'accord, ça fait un peu short pour décider d'y vivre... Et pourtant...


Vous l'aurez sans doute reconnu, nous partons vivre dans LE FAR EAST !!!!!

Oui, ça en jette un peu moins que le Far West américain, mais quand même quoi, tout de suite, ça fait super aventurier non ?

L'aventure au bout de la rue...! (si si !)

L'Alsace (à prononcer avec l'accent), nous ouvre donc ses bras et depuis 2 mois, nous préparons notre nouveau départ.

Pour ne rien vous cacher, nous allons habiter dans Haut-Rhin qui est en bas (j'ai mis longtemps à comprendre), dans un village qui se termine par "SHEIM"... Je vous laisse chercher !

On est plutôt contents. D'abord parce qu'on l'a voulu, ensuite parce que c'est assez excitant de découvrir une nouvelle région, de se projeter sur quelque chose de nouveau, de changer de vie et pas seulement de canapé.


Mais dans la vie réelle, celle où les bébés pleurent et les enfants crient,  tout n'est pas youplala !

Parce que sortir de sa zone de confort, en vrai, ça fait flipper.

Sortir de sa zone de confort, c'est prendre des risques financiers. C'est quitter définitivement son job (moi), en commencer un nouveau (Cromagnon) en pleine période de chômagite aigüe.  C'est tenter de vendre sa maison moins chère que ce que nous l'avons achetée et ce après 5 ans de travaux.



C'est dire au revoir à mes copines, aux collègues, aux copains du rugby pour Cromagnon. C'est quitter Super Nounou qui s'occupe de mes enfants depuis 5 ans et à qui ils sont attachés comme un membre de la famille. C'est ne plus confier Trognon à une équipe scolaire en qui nous avions toute confiance et qui l'avait fait tellement progressé. C'est faire une croix sur les places en crèche (accueil occasionnel) que j'avais obtenu pour Cracotte et Numéro3.

Ça n'a l'air de rien mais c'est aussi quitter tous nos repères, nos petites habitudes qui jalonnent notre  quotidien : la boulangerie où on sait que le pain est bon, le vendeur de fruits et légumes sur le marché le dimanche matin qui donne toujours un abricot aux enfants, les voisins qu'on salue le matin, les parents des enfants qu'on croise à l'école, le petit parc à côté de la maison où Cracotte a fait sa première descente de toboggan seule, ...

C'est quitter aussi notre maison dans laquelle nous avons mis tellement d'énergie et tant de "nous". C'est quitter le confort et l'espace pour du plus petit, c'est abandonner les chambres des enfants que nous avions soigneusement aménagé et décoré pour eux.

Partir, c'est un peu tourner la page à toutes ces premières fois que nous avons vécu ici, tous ces souvenirs accrochés dans le paysage de notre quotidien. Les premiers pas, la première rentrée à l'école, ma première fois comme maman, la naissance de mes trois enfants, les chocolats de Pâques dans le jardin, la balançoire sur le cerisier, les haies mal taillées.

Sortir de sa zone de confort, ça fait peur, et ça fait mal aussi. Ça nous a fait mal quand nous avons vu le visage de Trognon se décomposer quand nous lui avons annoncé. Ça nous a fait mal de le voir pleurer sans s'arrêter et de ne pas pouvoir le consoler.   Ça nous a fait mal de l'entendre hoqueter "mais je l'aime moi ma maison". Ça me fait mal quand je le vois assis près du cerisier qu'il ne veut pas quitter.



Sortir de sa zone de confort, c'est douter. Est-ce que nous faisons le bon choix ? Est-ce qu'on est pas en train de se planter ? Comment on  va faire si on arrive pas à vendre la maison ?  Est ce qu'on va se plaire là bas ? Est-ce que Trognon va s'y faire ? Est-ce que ça va passer financièrement ? Est-ce que c'est le bon moment ? Est-ce qu'on est pas en train de faire une belle connerie ?

Mais voilà, c'est comme ça, et si c'était facile, ça se saurait. Pour nous, c'est très important de ne pas rester assis sur le canapé à regarder notre vie défiler. On est peut-être en train de se planter, il y aura peut-être des regrets. Je ne crois pas qu'il y ait d'alternatives, pour une vie un peu pimentée, il faut avancer et se laisser griser par des nouveaux challenges et des découvertes. Ça fera peut-être marrer mes copines qui sont parties à l'autre bout de la planète, seules ou en famille, en changeant au passage de voie professionnelle (vous vous reconnaîtrez hein !) et que j'admire beaucoup pour leur courage et leur obstination à ne pas choisir le chemin le plus facile pour rester fidèles à qui elles sont vraiment et pour vivre avec un grand V. J'ai bien conscience que le Far East, c'est pas si dépaysant que ça (quoi que... vous avez déjà entendu l'accent ?!! ;-) Mais pour nous, à peine trois mois après l'arrivée de Numéro 3 dans nos vies, c'est beaucoup. Et pour Trognon, qui avait toute sa vie ici. C'est beaucoup.

Vous pourrez donc bientôt suivre les aventures de la Babyoles Family dans le Far East. Des traditions, des lieux, des paysages, une gastronomie que nous avons hâte de découvrir. L'Alsace me semble être une belle région à découvrir et j'y consacrerais sûrement une rubrique spéciale "on a testé !" ici ou ailleurs...!

A suivre donc...


(je retourne à mes cartons)... (ou pas).




4 commentaires:

  1. C'est jamais facile de partir... Mais on est rarement déçus : je suis sûre qu'il y aura pleins de super choses (personnes) que vous allez tous adorer la-bas. Tu déprimais aussi dans TA région actuelle au début... Courage!

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  2. Ah oui, mais d'ailleurs je ne suis toujours pas fan de ma région actuelle.... C'est une page qui se tourne,mais sans regrets !

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  3. Ma Pacotille de fille adorée. C'est toujours difficile de prendre ce type de décision qui déracine toute la famille et y compris Trognon pour qui c'est sans doute le plus dur. Mais je vous connais Cromagnon et toi . Je sais que vous savez mener votre barque et que vous ne vous plantez pas. Ton père Kenavero qui sera toujours là pour vous.

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Toujours un plaisir de vous lire...!

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