lundi 31 août 2015

L'été de tes 5 ans

Demain tu reprendras le chemin de l'école. Et ce soir, je suis sereine. Un sacré défi t'attend avec une nouvelle école, des têtes que tu ne connais pas, un nouveau fonctionnement. Mais pour la première fois depuis que tu vas à l'école, je suis confiante...


Cet été qui se termine restera dans mes souvenirs comme celui où tu es devenu grand. Je ne parle pas de tous ces centimètres que tu sembles avoir pris en quelques mois, de ces pulls en taille 7 ans que je t'ai commandé pour cet hiver, ni même de ton visage qui change et perd ses derniers traits poupons.

Non je parle du petit bonhomme que tu es devenu. Des peurs que tu as dépassées. Je parle de la confiance que j'ai en toi, de tes épaules de grand frère. Je parle du chemin que tu as parcouru depuis le jour de ta naissance.

Je parle des cinq dernières années qu'on a pas vu passer, même si c'est cliché.

Ton premier regard, sérieux, concentré. Mon émotion, ma peur et cette tempête d'amour qui m'a fait chavirer. Ton petit corps bleu et les longues minutes où tu cherchais ton souffle et où je retenais le mien. L'attente brève et longue à la fois. Ta naissance si intense, à l'image de toutes ces premières années. Tes pleurs et les miens, les nuits sans fin, les allers retours dans le couloir, le manque de sommeil, les siestes en accordéon et pour tenir le cap, les fossettes au creux de tes joues et tes sourires envoûtants.

Tu m'as faite maman. Je pensais tout t'apprendre et tu m'as tout appris. Tu m'as appris le doute, la patience et l'exaspération, la fatigue, l'épuisement, l'amour intense, le dépassement de soi. Tu m'as appris qu'avec toi, rien n'est facile mais que tout est beau. Tu m'as fait pleurer, tu m'as rendue folle. De fatigue, d'amour, de bonheur.

Mon petit garçon inquiet et nerveux qui n'aimait pas dormir. Qui n'aimait pas le bruit. Qui n'aimait pas l'école.

Je sais que le chemin sera encore tortueux.  Mais je sais que tu y arriveras.


ll y a quelques semaines tu as soufflé tes bougies. Tu avais commandé pour la journée de tes cinq ans un tour de train à vapeur, des chips et des saucisses et pour le dessert un gâteau chantier. Tu n'as rien mangé, tu t'es contenté de savourer.

Il faisait chaud et tu ne portais qu'un short de pyjama. C'était un beau soir d'été et on n'était pas pressé. J'ai vu ton sourire, ton plaisir, ton bonheur.

Je te souhaite pour tes cinq ans des dizaines de copains et des tours de trains. Je te souhaite des glaces du bonheur et des festins de rois. Des aurores boréales, des voyages au pays imaginaire, des combats victorieux contre Capitaine Crochet. Je te souhaite d'être qui tu veux. Un explorateur, un astronaute, un paléontologue, un chevalier, un pompier, un chef de chantier et un super héros. Je te souhaite des étoiles filantes, une excursion à Londres, une visite à Big Ben, un détour en Alaska, une promenade en iceberg, des vols en avion, des barbecues et du sirop de grenadine.



Bonne rentrée et belle cinquième année mon Trognon d'Alsace !

mercredi 26 août 2015

A mes 30 ans !

 Voilà, ça y est. J'y suis, j'ai atteint l'âge où l'on fait des crises de dizaines. La crise de la trentaine avant la quarantaine et toutes les taines qui suivent.  30 ans, l'âge de raison après la folle jeunesse des vingt ans. Le prêt immobilier, les enfants, le jardin et les nuits en formule 1 parce quand même, il y a trop de bruit en auberge de jeunesse.

30 ans et le premier regard dans le rétroviseur, les kilomètres au compteur, une route sur laquelle on ne peut plus si facilement bifurquer. Les premiers cheveux blancs, cachés et esseulés, mais blancs, tout de même. Blancs, putain.

30 ans et des souvenirs vintage, des trucs que les plus jeunes n'ont pas connu, des noms de bars qui n'existent plus, des photos d'enfance cornées, des visages oubliés, des copains d'avant dont on se demande ce qu'ils sont devenus.

Je ne savais pas vraiment comment j'allais négocier le virage, moi la nostalgique mélancolique pathétique. Je m'étais dis que ça allait sûrement me mettre une belle claque dans la tronche. J'ai repensé aux soirées endiablées des années étudiantes, aux erreurs accumulées, aux délires obsolètes, aux excès du passé, aux fous rires partagés.

Que penserait de moi la fille de mes 20 ans, celle qui ne voulait pas d'enfants, pas d'attaches, sauver le monde et prendre plus d'avions que de respirations.

Et puis je me suis dis que je m'en foutais parce que je l'aime bien ma vie de maintenant. Mon Cromagnon, mes trois enfants et mon manque de temps, mes tasses de thé et mon petit rosé des soirs d'été.

J'ai 30 ans et des amitiés tenaces, sincères, celles qui ont traversées les années et qui connaissent les routes cabossées que j'ai parfois emprunté. J'ai 30 ans, des souvenirs secrets, des moments oubliés dont j'aimerais me rappeler et des souvenirs que je préférerais oublier mais qui restent là et tant pis, ils font de moi ce que je suis aujourd'hui.

J'ai 30 ans et rien ne s'est passé comme je l'avais imaginé.

A 10 ans, je voulais devenir fermière et adopter des enfants à la D.A.S.S avec mon amie d'enfance.

A 20 ans, je voulais devenir reporter de guerre, journaliste, humanitaire.

A 30 ans, je ne souhaite rien, j'ai déjà tout.

Un Cromagnon comme fil d'Arianne, trois enfants et de belles personnes aux quatre coins cardinaux de ma folle boussole. Des rêves plein la tête et des gens avec qui les réaliser.

J'ai 30 ans et je m'en fous, j'ai l'éternité des dix prochaines années à mes pieds.




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