mardi 3 novembre 2015

6 mois

Tu as eu 6 mois il y a quelques jours mon petit bonhomme sourire, mon Bretzel doré... (je suis gnan gnan si je veux). 

6 mois passés comme ça, sans qu'on y prête grande attention. J'ai l'impression que tu es né hier mais pourtant, il y a des signes qui  ne trompent pas. Tes petites dents du bas, bien plantées dans la gencive et plus aiguisées qu'un couteau suisse et ta façon de rouler pour te déplacer sur le tapis de jeu, au milieu des livres, des Sylvanians et des playmobils interdits au moins de 3 ans que tes aînés ont abandonné.

La moitié d'une année qui s'en est allée sans qu'on puisse la retenir,  sans même pouvoir prendre le temps d'un regard en arrière.  En 6 mois, nous avons produit des  milliers de photos pas triées et des milliards de couches usagées (non je n'exagère pas, entre ta soeur et toi, je suis sûre qu'on jette chaque mois l'équivalent de deux demi continents de couches puantes). (Voilà, c'est dit, c'est nous les responsables du trou dans la couche d'ozone et du réchauffement climatique : si vos vacances de ski sont toutes pourries faute de neige, vous saurez à qui vous en prendre). 

Ces 6 derniers mois, j'ai perdu des kilos et j'ai gagné des cheveux blancs, j'ai mal dormi. Encore et encore. J'ai pété les plombs. Plein de fois. J'ai pleuré des fois. J'ai eu les yeux qui se ferment tout seuls au milieu de la journée. J'ai sauté des dizaines de repas et j'ai passé des journées sans arriver à m'asseoir plus de dix secondes. Je me suis demandée quand est ce que tu allais arrêter de manger la nuit. Bordel ! (La nuit on a le droit de dire des gros mots). Je me suis fâchée avec ton père si souvent que je ne me souviens plus pourquoi. Je lui ai dis que je l'aimais et je me souviens très bien pourquoi. J'ai râlé et j'ai promis d'arrêter de râler. Et puis j'ai râlé encore parce que c'est ma seconde nature. Je respire, je râle. Je respirâle en fait. C'est un nouveau concept. J'ai simplifié le système de tri du linge sale et avec un bon vieux code couleur, ton Cromagnon de père a enfin pigé le truc. Je ne ramasse presque plus jamais ses vieux caleçons dans le coin de la chambre et ça, c'est quand même un grand progrès pour l'humanité. Je lui ai planqué tellement de fois ses ceintures qu'elles sont désormais toujours rangées. Je dois avouer que l'élève Cromagnon est en net progrès. (Efforts à poursuivre, tendance à s'endormir sur ses lauriers).

J'ai survécu à l'absence de 15 jours du Cromagnon. J'en ai profité pour perdre mon téléphone portable greffon, j'ai essuyé une pernicieuse attaque de poux, j'ai tenté de contrer une  vilaine otite des oreilles de Cracotte, je me suis fait ton rendez-vous chez le pédiatre avec ton frère et ta sœur qui ont décidé de te chanter des berceuses pour couvrir le bruit de tes pleurs et je crois qu'ils y sont arrivés. Je suis ressortie avec un mal de crâne et la pédiatre aussi. J'ai passé des moments très chouettes avec vous trois. On a regardé des tas de photos du Cromagnon en voyage et on a échangé soigneusement nos petits bonheurs du quotidien. On a fait une journée bleue et des tas de promenades.  J'ai craqué plein de fois, j'ai dis des vilains mots et j'ai été la mère que je n'aime pas être. J'ai épuisée ma patience et j'ai été carrément en rupture de stock de bonne humeur.

Mais pas une seule fois je n'ai regretté. J'ai survécu. Et vous aussi. Et même je crois qu'on a aimé ça, cette folie du quotidien, cette  adrénaline de la couche moisie et du pou vicieux.

Je peux même te le dire, j'ai adoré ces 6 derniers mois avec toi. J'ai adoré être là, tout le temps, pour vous. J'aime être votre point d'attache à tous, avant que vous ne soyez prêts à larguer les amarres. (mais laissez moi le temps). Je ne me suis jamais sentie autant à ma place. Je sais la chance que j'ai de ne pas avoir connu le difficile retour au boulot. J'ai du marcher un paquet de fois dans une crotte de chien du pied gauche parce que je suis sacrément vernie.

C'est aussi vrai que depuis 6 mois, je n'ai plus une seconde. Je n'ai plus le temps de rien, juste le temps pour vous. Je me dis que certains doivent se dire que je ne donne plus trop de nouvelles. Mais chaque instant m'est compté. Alors je dois choisir. Comme aujourd'hui. Je devrais préparer le repas de ce soir, plier le linge, rappeler les personnes qui attendent de mes nouvelles, payer les factures, trier les papiers. Avant tout, je devrais dormir.  Mais je n'ai qu'une heure devant moi. Une heure miraculeuse où tu dors en même temps que ta sœur. Alors je dois choisir et décider parfois de prendre un peu de temps pour moi. Parce que c'est vital. Pour mon équilibre mental... (dixit le Cromagnon qui me supplie d'aller courir, d'écrire ou de me faire un ciné quand mon baromètre de chiantise atteint son niveau maximum).

En parlant d'équilibre, je ne suis pas sûre qu'on ait tout à fait trouvé le notre à 5, parce que j'ai surtout l'impression que nous sommes une famille funambule qui avance sur un fil et manque de tomber à chaque pas. On essaie de ne pas regarder en bas parce que ça fiche la trouille. On essaie d'avancer ensemble et de bien regarder droit devant nous. On tangue sans arrêt et  je crois que ça sera comme ça encore un bout de temps. Mais je ne pense pas que ce soit très grave. On y arrive pas tous les jours. On est pas les parents parfaits et vous, vous êtes vraiment pas les enfants parfaits non plus. Mais on tangue sur le même fil et je crois que ça nous suffit.

Tu vois, tu as 6 mois et je ne parle presque pas de toi. Je parle de nous tous, parce que c'est ça ta vie. Tu grandis dans ce tourbillon incessant, entre les jeux des grandes, calé entre mes jambes pendant l'histoire du soir, coincé sous un bras pendant le brossage des dents. Tu reçois une quadruple dose d'amour et je crois que ça te convient.


Tu es un formidable petit bonhomme tranquille et je te remercie pour ces six derniers mois. Garde ces yeux pétillants, ton sourire  et ta présence toute simple mais tellement apaisante.

Je n'aurais que deux choses à te faire remarquer :

- Avant 6 heures du matin, ça n'est pas DU TOUT raisonnable de réclamer un biberon. Quand tu forces ton père à se relever au milieu de la nuit pour te préparer un biberon sans grumeau (oui parce que tu fais le difficile en plus), l'humeur du matin s'en ressent sacrément sur la maisonnée. Et ça tu vois, c'est pas bien. Un Cromagnon fatigué, on ne le dira jamais assez, c'est DANGEREUX.

- Tu as le droit de faire ta sieste EN MÊME TEMPS que ta sœur. Et pas juste 20 minutes avant qu'on parte chercher ton frère à l'école.  Comme aujourd'hui. C'est parfait. Voilà, recommence demain et je t'offres une rollex pour tes 6 mois en cadeau de remerciement  (et comme ça, tu seras sûr de ne pas avoir loupé ta vie).

Bonne moitié d'année mon petit Bretzel !

(cet article est potentiellement bourré de fautes d'orthographes ou de tournures bancales, mais je ne relis pas, je n'ai PAS LE TEMPS !!!!) (vous l'aurez compris !)

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Toujours un plaisir de vous lire...!

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...